Le Carnet Orange

Carnet de voyage, attrape-rêves, à spirales, bleu, parfois orange, grimoire, autel des sacrifices, feuilles volantes, capturées et aplanies

2017

2017 me semble lointaine. Elle m’a donné l’occasion de beaucoup pleurer et, en contrepartie, je m’y suis abandonnée au point d’y retrouver la rage et la mélancolie que j’avais ensevelies depuis le sortir de l’adolescence. J’ai peu écrit – publiquement du moins. Ma fanfic et mon journal intime, en revanche, y ont gagné une épaisseur conséquente. Une centaine de pages pour la première, des croquis, des exhortations et des constats plus ou moins mesurés pour le second. J’ai fait table rase, j’ai connecté des pièces, j’ai passé des heures à écouter de la musique sans rien faire d’autre que de fermer les yeux. Je me suis parlé de maman dans les termes les plus crûs – ceux que je ne m’étais jamais autorisée à exprimer –, j’ai regardé la mort et mes émotions en face. J’ai donné vie à mes fantasmes chaque fois que le silence me le permettait, et noyé mes angoisses chaque fois que la musique s’élevait. J’ai assuré dans ma vie publique parce que je pouvais exploser dans le privé. Je me suis donné le droit d’être, j’ai assumé mes irrégularités, j’ai émergé de moi-même et suis devenue celle que j’étais déjà : une fille et pas une femme, une alcoolo, une faille, un hurlement, un vortex, un abîme.

Je ne me le dois pas qu’à moi. Je le dois à mon père qui m’a écoutée, à ma sœur qui m’a soutenue, à mon mec qui m’a portée. Je le dois à tous les gens qui m’ont regardée et m’ont validée. À ma belle-mère qui hier encore m’entourait de ses bras avec une véritable attention, gratuite et dénuée de jugement.

2017 était glauque. Elle a aussi été incroyablement vivifiante.

En musique

https://open.spotify.com/user/kalys/playlist/0L01oij2oXdvOgJ22Ujckc

Neuf titres écoutés en boucle jusqu’à des heures indues, accompagnant chaque mot déchiffré sur le clavier.

Bien sûr, il n’y a pas eu que ceux-là. Il y a eu Enya, que j’ai écoutée jusqu’à ce qu’elle ne me fasse plus pleurer. Même si ça recommencera.

Il y a eu le réveil des Tourmenteurs que j’avais condamnés au silence et dont la muselière s’est cassée.

 

Eddy de Pretto et sa Fête de trop qui m’ont rappelé qu’on pouvait écrire en français et savoir ce qu’on faisait…

Le thème de Fairy Tail pour me remémorer le temps où j’imaginais des sequels des Chevaliers du Zodiac dès qu’on faisait un trajet en voiture (j’avais cinq ans, hein)…

Le live de VNV et Stephen Groth dans lequel ce dernier m’émeut tant avec son petit sweat à capuche, sa timidité et son enthousiasme ♥

La chanson dont je ne comprends pas – volontairement – la moitié des paroles mais dont j’aime tant la mélodie…

Aurora la bien nommée :

Et un coup de cœur absolu pour les sons primitifs et hypnotiques de Heilung.

En films et séries

De ce côté-là, 2017 fut riche en découvertes. J’ai maté plus de trente films d’horreur (je vous épargne la liste), dévoré la première saison de Mindhunter (♥♥♥) et la seconde de Penny Dreadful (♥♥), Stranger Things (♥♥♥), 13 reasons why (dépression bonjour ! ♥), Jessica Jones (♥♥♥), Love, Better Call Saul (♥), Crazy Head (♥), Please like me (♥♥), Dragons – par delà les rives (♥), une partie de Misfits et de Dark, et Eastsiders (♥♥♥)

Mindhunter

Suis-je suis la seule à penser qu’Holden Ford ressemble vachement à Emmanuel Macron ?

En livres

Sans compter Raisons et sentiments que j’avais commencé fin 2016, j’ai lu dix-huit bouquins, donc autant que l’année dernière. Ça ne fait pas beaucoup (d’autant que les livres de cette année n’étaient pas bien épais) !

  • Jane Austen – Raison et sentiments. Un peu ennuyant, moins caustique que Jane Eyre par exemple.
  • Ambre Dubois – Absinthes et démons (mon dieu que c’était mauvais)
  • Elizabeth Hands – L’éveil de la lune. Je l’avais déjà lu il y a quinze ans et l’avais adoré. Je l’ai tout autant aimé à la relecture et le conseille vivement à celles et ceux que les antiques cultes matriarcaux fascinent. L’ambiance dans la première partie du livre est fiévreuse et mystique à souhait et l’héroïne vraiment cool.
  • John Connolly – Le livre des choses perdues. Je l’ai moins aimé que ce à quoi je m’attendais, mais ça reste une lecture émouvante dont la fin m’a fait beaucoup pleurer.
  • Anne Besson – La fantasy et Sylvie Parizet – Mythe et littérature. Lectures universitaires qui se sont avérées tout à fait enrichissantes.
  • Rafik Schami – Une poignée d’étoiles. Un roman jeunesse qui raconte le quotidien d’un gamin syrien, découvert avec ma quatrième de l’année dernière (en années scolaires).
  • Luc Ferry – Sept manières d’être heureux. Luc Ferry ne peut s’empêcher de parler Éducation Nationale même quand c’est capillotracté, mais j’ai quand même été enchantée par son bouquin.
  • Franck Thilliez – Deuils de miel. Pas son meilleur, mais j’ai passé un bon moment.
  • Colette – Claudine à l’école. Qu’elle est agaçante, cette Claudine ! N’empêche, elle est aussi sacrément culottée, surtout pour l’époque.
  • Angéla Morelli – L’homme idéal, en mieux. Chick lit aussi sympatoche que dispensable.
  • Pierre Dubois – L’effroyable encyclopédie des revenants.

Pierre dubois l'encyclopédie des revenants

Ces illustrations…

 

  • Graham Masterton – Hel et Walhalla. Encore des relectures. Bizarre, c’était plus macho dans mon souvenir. En réalité, l’héroïne de Hel est plutôt chouette.
  • Virginie Despentes – Vernon Subutex 1 & 2. EX-CEL-LENT.
  • Laetitia Arnould – Ronces Blanches et Roses rouges.
  • Mélody Gornet – Tout revivre
  • Junji Ito – Spirale. Que c’était glauque ! J’en ai fait des cauchemars… Et j’ai adoré, aussi.

junji ito spirale

Et puis j’ai aussi lu une grosse partie du roman sur lequel travaille ma sœur en ce moment, et des fanfics sur www.fanfiction.net (des romances pour la plupart, parfois un peu maladroites mais aussi fort jouissives, comme ce threesome Anders – Hawke – Fenris pas piqué des vers)

Sur le web

YouTube

Je me suis beaucoup désabonnée, cette année ! Mais j’ai aussi fait de belles découvertes, comme la chaîne de Lemon June, qui cause bouquins et grâce à qui j’ai découvert Spirale (elle est trop choupi, en plus, je suis clairement amoureuse), le PsyLab et Simon’s Cat.

J’ai continué de suivre assidûment le Fossoyeur de Films, un peu moins Chroma qui s’égare un peu trop à mon goût dans la private joke. Le JDG m’a fait pleurer de rire comme d’habitude, que ce soit sur sa chaîne principale ou sur le Bazar. J’aime toujours autant Nexus VI et j’ai maté plein d’épisodes de Metalliquoi, dont un en duo avec la miss de L’instrumentarium de l’Insolite qui est bien cool.

 

Sur mon blog

La première version de ce billet contenait une review complète comme je l’avais fait en 2015, mais outre que j’ai « dépublié » mes archives, je n’ai pas énormément écrit cette année. Vingt-six articles sur le Carnet, en tout. Ça permet de faire un tour d’horizon, mais est-ce vraiment pertinent ?

Cette année a été… compliquée. Avec Mathias, on a regardé les quatre premiers épisodes du Zap Télé 2017 (oui, on fait ce genre de choses) et on s’est rappelé que cette année avait quand même été vachement hard. Toutes les années d’élection présidentielle le sont, mais une fois que c’est fini… On zappe. Si 2016 « nous a appris le cynisme en nous l’enfonçant dans le crâne à coups de marteaux », 2017 nous a peut-être enseigné l’oubli (ou alors ça s’appelle vieillir, c’est fort probable, d’ailleurs.)

côte de granit rose

Y’a eu beaucoup d’énervement, partout, et bien que je me tienne éloignée des réseaux sociaux et de la télévision, je n’ai pas échappé à certaines tempêtes. J’ai publié pas mal de billets « engagés », enfin, plus que d’habitude : j’ai parlé du féminisme, du FN, de la façon dont le milieu médical envisage les femmes qui souffrent… C’est un souhait que j’avais exprimé fin 2016, de faire entendre ma voix sur certains sujets, parce qu’elle est dissonante et qu’il me semblait important de ne pas participer à la normalisation des discours.

Guingamp

Parvenue fin 2017, je suis mitigée. Je n’aime pas spécialement relire ces articles, même si je ne les désavoue pas : si je devais écrire sur le féminisme aujourd’hui, je serais encore plus remontée que je ne l’étais déjà il y a quelques mois. C’est juste qu’au final, je me demande si la meilleure manière de défendre mes convictions n’est pas de me contenter de les vivre. Je n’en peux plus que des gens me braillent dans les oreilles ce que je devrais penser ou faire. Il n’est sans doute pas nécessaire d’ajouter ma voix au chœur, d’autant qu’Internet n’est certainement pas l’endroit idéal pour faire changer d’avis qui que ce soit. Les débats s’y faisant rares, chacun demeure passif dans sa lecture et zappe tout contenu contraire à ses opinions (moi la première).

Bref, c’est une des raisons pour lesquelles j’ai supprimé les archives et me suis lancée dans des contenus plus métaphoriques, dont je suis aussi beaucoup plus fière. Je ne prends pas de paris pour l’année prochaine, parce que l’objectif de cette mise à plat, c’était aussi de publier ce dont j’avais envie sans plus me soucier de la forme ni d’une ligne éditoriale.

Squiffiec

2018

Pour cette année, j’espère parvenir à conserver l’équilibre : je me sens plus sereine et plus apaisée que je ne l’ai jamais été et je crois que c’est parce que j’ai appris, un peu, à lâcher du lest. Dans ce but, je voudrais me consacrer de manière beaucoup plus régulière à la méditation.

Je ne prends aucun engagement en termes de lecture et d’écriture, parce que je vais devoir écrire un mémoire et que je suis déjà très en retard… Néanmoins, je veux continuer à prendre du temps pour ma fanfiction et pour ce faire, je vais en commencer la publication : avec un peu de chances, j’aurais quelques lecteurs et ça m’encouragera à poster régulièrement !

Et côté boulot, continuer sur ma lancée. Depuis l’année dernière, j’ai réglé quasiment tous mes problèmes de discipline et je peux désormais juste m’éclater à faire cours, donc je vais simplement continuer à travailler sur mon anxiété, qui me pourrit encore souvent la vie sans aucune raison.

Enfin, bien que ce soit sans doute fort égoïste, je vais sérieusement lever le pied sur les actu et la politique, parce qu’elles nourrissent mon angoisse et ma colère. Tant que je ne serais pas capable de prendre du recul et de ne pas tout me prendre en pleine gueule, ça ne m’apportera rien de m’y confronter.

 

Je vous souhaite à tous une excellente année 2018. Puisse-t-elle vous apporter la force de mener à bien vos projets, et nourrir votre curiosité !

Et faites des bulles, vous verrez, ça rend heureux :)

 

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