Le Carnet Orange

Carnet de voyage, attrape-rêves, à spirales, bleu, parfois orange, grimoire, autel des sacrifices, feuilles volantes, capturées et aplanies

Bilan 2016

J’avais espéré que 2016 soit meilleure que 2015 et je m’étais dit que de toute façon, ça pouvait pas être pire… Mais si, ça pouvait !
En fait, c’est pas tout à fait ça. 2016, ça a un peu été l’année de la césure1.

Je me suis très vite rendu compte que la rupture était inévitable – en fait, déjà consommée – et de février à septembre, j’ai ramé. Je suis passé plusieurs fois par-dessus bord mais j’ai réussi à remonter dans le bateau et à avancer, vaille que vaille. Le très petit nombre de billets publiés cette année (vingt-deux, sans compter ce bilan) témoigne de cette bataille. Au milieu, à la fois miroir, clef et talisman, Histoire de Lisey m’a tenu lieu de psychanalyse et depuis, je trimballe le bouquin partout où je vais.

Césure donc. Et quand j’ai repris mon souffle, c’était septembre. Oh, je n’ai pas retrouvé mon cerveau pour autant. J’ai consciencieusement noyé la plus petite étincelle créative dans la procrastination et l’alcool. Mais je me suis donnée tout entière dans mon boulot. J’étais peut-être le joker de mon directeur, mais pour moi, avec le recul, c’était aussi le poste de la dernière chance. Je ne pouvais pas continuer à travailler dans l’angoisse d’être une mauvaise prof et de fait, continuer à commettre les mêmes erreurs. Ce pari réussi avec moi-même a grandement contribué à ma « convalescence ».

Même s’il y a eu de (trop) longues périodes de blanc, j’ai tout de même recommencé à écrire, et la première partie du « journal » que j’ai partagée avec vous est l’un de mes billets préférés cette année. Même si je ne l’ai pas postée, la rédaction de ce journal a continué (et donc celle du roman) et j’espère en discuter ici assez vite.

Binic

Le problème avec 2016, c’est qu’elle nous a forcés à fermer les yeux. Cette année était tellement moche avec ses attentats à répétition, ses milliers de réfugiés, la horde de connards racistes et satisfaits en face que si j’avais pas choisi d’adopter sciemment une attitude blasée en découvrant les infos le matin, j’aurais probablement fini par faire des coloriages dans la chambre d’un hôpital psy. 2016, elle nous a appris le cynisme en nous l’enfonçant dans le crâne à coups de marteaux.

Heureusement, il y aura toujours des artistes et des œuvres pour nous extirper du quotidien et/ou nous aider à interroger le monde, et cette année encore, j’ai profité de mon temps libre pour me jeter à corps perdu dans l’imaginaire des autres.

En 2016, j’ai lu…

La fille du train de Paula Hawkins. Je l’ai acheté sur les conseils du Golb et j’ai adoré – le personnage de Rachel, la manière dont s’imbriquent les points de vue, le côté contemplatif… C’est brillant !
Enfin la sixième ! de Fabrice Colin. Acheté pour démarrer l’année avec mes 6e (évidemment). Je le referai (en entier cette fois) si j’ai de nouveau cette classe parce que c’est joliment écrit, que le livre aborde des sujets graves sans prendre les enfants pour des cons et qu’il m’a émue.
Aïzan de Marilyne Desbiolles. Celui-là, je l’ai lu avec mes cinquièmes. C’est joli, quoique souvent un peu trop poético-intello à mon goût (certaines phrases sont maladroites voire incorrectes et la licence poétique ne le justifie pas). Mais mes élèves y ont été très sensibles et le livre parle d’immigration et de banlieue, sans fard ni posture, et ça c’est très bien.
Kushiel (t.1) de Jacqueline Carey. Très dense, un peu trop long, mais hyper original et bien écrit. L’univers est ultra-maîtrisé, trop peut-être, ce qui conduit parfois l’auteur à des digressions d’ordre socio-politique qui nuisent à la compréhension de l’intrigue. Mais je lirai la suite !
Tous les recueils de nouvelles traduites par ma sœur, que je recommande encore une fois car ces œuvres sont inédites en France (ou plus distribuées), que c’est du fantastique de haute voltige et que Mu écrit fort bien.
Gilles de Ray de J.K Huysmans. C’était bizarre. Trop ampoulé à mon goût, comme s’il fallait déjà connaître toute l’histoire pour le comprendre. Après, c’est en réalité extrait d’une œuvre plus vaste, donc affaire à creuser.
Sortir de l’ombre de Syven. J’avais dit, en 2015 ou 2014, je ne sais plus, que je parlerai de son précédent bouquin mais je ne l’ai jamais fini. Celui-ci était plus court, plus efficace, mais il continue de me donner l’impression que le livre a été passé tellement de fois à la moulinette Cocyclics qu’il en a perdu son style propre : il est très scolaire. De plus, les personnages m’ont paru caricaturaux. J’ai passé un bon moment mais je ne m’en souviendrai plus dans quelques années.
Le palais des ombres de Maxence Fermine. Un polar lorgnant vers le fantastique, dans le Paris des années soixante-dix. Rafraîchissant, quoique pas toujours très original.
Un autre de Christophe Nicolas. Très bonne surprise. Plein de maladresses, mais honnête et étonnant. Le scénario m’a beaucoup, beaucoup rappelé Lost Highway.

un autre Christophe Nicolas

Assassini – Lame damnée de J.G Grimwood. Je me souviens que ça se passait à Venise et qu’il y avait des vampires.
Sombre héritage de Christelle Verhoest. L’ai-je lu cette année ? Je n’en ai pas parlé l’année dernière alors j’imagine que oui. C’est une romance gay dans un univers fantastique, à destination des ados. C’était bien mièvre et pas très original mais les protagonistes étaient mignons alors ça m’a plu :)
Histoire de Lisey de Stephen King.
Jane Eyre de Charlotte Brontë.
Medea de Pascal Quignard et Les âmes fortes de Giono dans le cadre du master, ainsi que Monstres, l’imaginaire de la peur à travers les cultures de Martine et Caroline Laffon, même s’il n’était pas au programme, tout compte fait.
L’homme qui sauva le monde et autres sources d’étonnement de Patrick Baud. Aussi cool que sa chaîne YouTube.
Tancrède de Ugo Bellagamba. Une uchronie qui raconte le parcours spirituel d’un ex-Croisé converti à l’Islam. Dévoré en deux jours.

Je n’ai pas fini Les possédés de Dostoïevski, pas plus que ma relecture de Croc-Blanc ni de Everville de Clive Barker. J’ai bientôt terminé Arlequin de Laurel K. Hamilton, mais Anita Blake a désormais tellement d’amants que c’est carrément saoulant. Et je n’aurai pas le temps de finir Raison et sentiments (Jane Austen) avant janvier.

J’ai vu…

The perfect insider : il s’agit d’une enquête policière, conduite par une jeune femme énervante et son prof, dont elle est amoureuse. C’était très glauque, violent, haletant, porté par des personnages à la psychologie fine et convaincante. Je le recommande absolument.

the perfect insider anime

Kimi no nawa (Your name). J’ai pleuré, c’était magnifique (superbe histoire d’amour inside !)

kimi no nawa your name

Les Dissociés, deux fois. Je ne m’en lasse pas, que voulez-vous. J’ai aussi revu le premier Harry Potter, parce que j’étais déprimée et qu’il faisait moche dehors, et Voyage vers Agartha parce que j’étais déprimée et qu’il faisait nuit.
Dead Landes, la nouvelle série de François Descragues, en cours de diffusion sur France 4.
The Conjuring 2. J’ai bien flippé et adoré, comme le premier.
It follows, Sinister et The Visit, adoré tous les trois également.
Crimson Peak. Ben franchement, j’ai bien aimé. Je l’ai pris pour ce que c’était : un conte, avec des personnages archétypaux et une priorité donnée à l’ambiance et aux décors. Sans doute aussi que Tom Hiddleston y est pour quelque chose :)
Lights out. Je l’ai trouvé terrifiant, même si moins percutant que le court-métrage d’origine. The boy, excellent aussi, sauf la fin.
Coherence, vu parce que recommandé par Eliness et qui m’a complètement fascinée.
The witch m’a beaucoup marquée et je ne sais toujours pas si je l’aime ou pas. En tout cas, les acteurs sont formidables et j’apprécie beaucoup le parti pris fantastique old school de l’œuvre. En fait, en revoyant la bande annonce, je m’aperçois que j’aurais beaucoup de choses à dire sur ce film et sa mise en scène d’une culpabilité toute judéo-chrétienne…
Youth, sur les conseils d’Eliness également, mais je n’ai pas vraiment accroché.
Instinct de survie. Un film de requins qui commence comme un clip promotionnel pour une compétition de surf. La réalisation m’a surprise mais à quelques détails près, dont la fin, j’ai beaucoup aimé ce film, dont le personnage principal est convaincant.
Star Wars – Le réveil de la force et j’ai bien aimé – mais je ne suis pas une « true » :)
Mère Océan, un documentaire sur lequel j’ai essayé d’écrire à plusieurs reprises, sans succès. En tout cas, il m’a énormément touchée et j’en regarde des extraits quand j’ai besoin d’apaisement.

Mère Océan france 5

J’ai écouté…

Pas grand-chose de neuf je l’avoue…

orange blossom

Merci Entdaurog :) Un extrait ici.

Oui, ben, zut. J’ai écrit en boucle sur ce morceau, à partir de 2min32 – oui ça fait court. Merci Eli, mon autre pourvoyeuse de musique épique, avec ma sœur ;)

♥ Pulp – Disco 2000 ♥ Twenty One Pilots – Stressed Out ♥ League of Legends ♥ VNV Nation – Transnational ♥ Lana Del Rey – Noir4 no Blondes – What’s up ♥ Simon & Garfunkel – The sound of silence (quand je pense que quand j’étais gosse, je trouvais cette chanson « chiante »… ♥ Maxime Leforestier – San Francisco ♥ K’s Choice – Not an addict ♥ Liquido – Narcotic (nan je vois pas le rapport) ♥ Nada Surf – Popular ♥ Billy Corgan – Mina Loy (toujours…) ♥ America – A horse with no name (always again) ♥ Suzanne Vega – Luka ♥

J’ai joué à…

mass effect 3

Mass Effect

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J’ai un peu repris Skyrim après la sortie de la version remasterisée, j’ai commencé Neverwinter Nights que je trouve un poil lassant et surtout beaucoup trop proche de Baldur’s Gate, mais c’est la trilogie Mass Effect qui m’a le plus occupée et surtout le plus tenu en haleine. C’était pas gagné vu que je ne suis pas très à l’aise dans les univers SF, mais j’ai été complètement conquise. L’histoire est géniale, on fait face à de vrais choix et… qu’est-ce que j’ai pleuré ! Je viens de le terminer et je sais que la première chose que je vais faire en janvier, c’est de le recommencer :) Et j’aimerais vraiment écrire un article à ce propos mais… Chut, Antoine Daniel, sors de ce corps :P

*

Voilà, je crois que j’ai fait le tour (ce billet est un peu dense, pardon)… Je vous souhaite à tous une excellente année 2017. J’espère qu’elle vous apportera bonheur et sérénité au quotidien ! Quant à moi, je vais essayer de me remettre à bloguer plus régulièrement… :)


1 Limite rythmique à l’intérieur d’un vers, théoriquement suivie d’un repos. (Larousse)

 

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3 réponses à “Bilan 2016”

  1. Eliness dit :

    J’ai l’impression que 2016 se finit sur de jolies touches lumineuses pour toi, qui éclaircissent enfin ton visage après avoir longtemps rampé dans un fossé obscur. Je n’ai pas de quoi écrire un long commentaire, mais je te souhaite fort que l’année qui vient de commencer t’apporte de nombreuses nouvelles étoiles.

  2. […] années d’élection présidentielle le sont, mais une fois que c’est fini… On zappe. Si 2016 « nous a appris le cynisme en nous l’enfonçant dans le crâne à coups de marteaux », 2017 nous a peut-être enseigné l’oubli (ou alors ça s’appelle vieillir, c’est fort […]

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