Le Carnet Orange

Carnet de voyage, attrape-rêves, à spirales, bleu, parfois orange, grimoire, autel des sacrifices, feuilles volantes, capturées et aplanies

[Carnet Bleu] Juin

Je suis sûre que ce billet aurait sa place sur Paradize. Mais c’est l’été : mon pays des merveilles. Pas que je l’aime tant que ça – si on me demande quelle saison je préfère, je réponds spontanément le printemps, ou l’automne, en fonction de mon humeur. En revanche, la chaleur et l’oisiveté enfoncent tous mes barrages. Je mélange tout : la temporalité s’abolit, la musique résonne plus fort, et je déambule sur de vieux sentiers, du genre qui s’effacent, mais dont les balises m’aiguillent vers des refuges à demi effondrés. Mes « merveilles » n’en sont qu’au sens étymologique de « choses admirables », et encore. Ce que je veux dire, c’est qu’en été, la frontière entre mon univers intérieur et le monde devient poreuse.

♫ Mon « summer flashback » d’après Spotify

Les élèves sont partis mardi dernier. On a eu de la chance : il faisait beau. Ouais bah désolée, mais en Côtes d’Armor, il a fallu attendre AUJOURD’HUI pour avoir une vague idée de ce dont parlaient les journaux. Mardi matin, il faisait moins de dix degrés et le ciel était plombé. Hier encore, il y avait du BROUILLARD. Et désolée si je crie, mais se réveiller en vrac, s’encastrer dans sa voiture à 8h20 en frissonnant sous un ciel uniformément gris, et entendre Nicolas Demorand expliquer que la chaleur dans les studios est insupportable, c’est démoralisant. Nous, quand ils ont reporté le brevet, on était sous la pluie. Je portais mes bottes d’hiver !!!

Bref.

Nos élèves sont partis sans mots dire. C’est la première fois que je vois ça, et je ne suis pas la seule. Pas un au revoir, pas un merci. Les troisièmes ont squatté un peu plus longtemps, sanglotant sur la fin de leurs années collège, mais c’est pas pour autant qu’ils sont venus remercier Mélanie (leur prof principale). Pas un bouquet de fleurs, rien. L’après-midi était cool, pourtant ; on a assisté à une pièce de théâtre, une choré élaborée et orchestrée en musique/sport/art pla’, et un mini concert où ils ont interprété Highway to hell. La classe. Et puis rien, voilà, après tout c’est normal, personne ne les a guidés, ils ne doivent sans doute leurs talents qu’à leur incroyable patrimoine génétique. Ça me fait chier pour mes collègues, j’vous l’dis.

Sinon, juin, c’était l’apnée. Ma directrice m’a dit que j’avais eu l’air débordée et qu’elle ne savait pas si j’avais envie de rester dans l’établissement. J’avais un peu envie de crier. Évidemment que j’étais débordée : déjà, il suffit de m’observer deux minutes pour comprendre que je ne sais pas m’organiser. Alors deux établissements et une heure et demie de route par jour, bah nan, j’ai pas trop assuré. Ça ne signifie pas pour autant que je veuille changer de métier. Bon, du coup, a priori, je devrais faire 18h l’année prochaine. Toujours au bord de la mer, avec du latin, et en retrouvant des élèves que je connais et que j’aime beaucoup. Croisons les doigts, crachons, etc. Et j’envoie une pensée énamourée à ma collègue qui m’a dit qu’elle espérait vraiment que je resterais.

Juin, c’est le mois de Junon. Reine des dieux et protectrice du mariage. Je ne sais plus quand j’ai annoncé à Mu que j’avions l’intention de nous marier (manière de dire que ça m’importe plus qu’à Mathias, mais qu’il est d’accord, quand même). J’aurais pu en profiter pour organiser, mais, cf ci-dessus, je sais pas faire.

J’y étais pas, mais ils ont diffusé leur dernière date en live sur YouTube, ce que je trouve génial, et ce montagne est tellement émouvant.

J’y étais pas non plus, mais ce mois-ci, il y avait la série de concerts de Mylène Farmer à Paris. La vidéo que j’ai trouvée n’est pas extraordinaire, mais peut-être est-ce lié à la relative sobriété de cette fin de concert. Pour quiconque est fan, et de la meuf et de son univers (et pour peu que vous ayez un « léger » problème avec la mort, comme moi), le fait qu’elle termine ce spectacle en entonnant L’horloge, alors que c’était le titre qui ouvrait le tout premier live en 89, est aussi perturbant que tragique.

Sinon, j’ai la nostalgie en avance. J’ai failli pleurer ce soir, parce qu’on parlait de maman, et puis qu’il fait chaud, et puis j’ai pas encore revu la mer (de près, je veux dire. Je l’ai contemplée toute l’année depuis les fenêtres de la 5A.)

Allez, c’est bientôt mon anniversaire. Je peux bien écouter en avance un bout de l’album qui célèbre 800 ans de 84 (quoi, ça n’a aucun sens ?)

(je sais pas de quoi je vais parler au mois de juillet, mais bon.)

Vous voulez voir un truc vraiment what the fuck ? Je l’ai trouvé en tapant « Junon » dans YouTube :

Autrement, juin, ça a aussi ressemblé à ça :

ciel

kitsune

La preuve qu’il faisait froid : je portais mes chaussettes-chaussons. Eh ouais, la classe.

crépuscule

kitsune

banches

Ceci, messieurs-dames, ce sont des banches. Autrement dit, des plaques métalliques, entre lesquelles le mur de ma future cuisine est en train de sécher (jsuis pas bien persuadée que ce soit la cuisine, en vrai. Mais bon, vous saisissez l’idée ^^)

chantier

De ce côté, il y aura un carport, et l’entrée de la maison.
Edit : cette ombre sans tête me terrifie quelque peu. D’où vient-elle ?

chantier

Et là, il faut s’imaginer la vue sans les monceaux de gravats, parce que là où je me tiens, c’est l’emplacement de mon futur canapé.

kitsune étallé comme une grosse loque

Aucun rapport, mais il faisait chaud, cet après-midi, pour un chat breton. (oui, mon chat squatte des boîtes de Perlambourg. On lui en garde une dans chaque pièce, j’exagère à peine.)

kitsune étallé comme une grosse loque

Après quoi, il s’est réfugié dans un carton sous l’escalier.

kitsune dans un carton

Oui, ma maison est mal rangée.

J’allais dire « voilà, c’était juin », mais je vais attendre d’avoir surveillé ce satané brevet, puis corrigé ces foutues copies, avant de crier victoire. Bonnes vacances à ceux qui en prennent, et à très vite !

 

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