Le Carnet Orange

Carnet de voyage, attrape-rêves, à spirales, bleu, parfois orange, grimoire, autel des sacrifices, feuilles volantes, capturées et aplanies

FF XV

Je n’ai pas terminé FF XV, loin s’en faut. Je n’ai pas envie.

Je n’ai pas envie de connaître la fin d’une histoire qui est une course, en fait, vers l’âge adulte. Je la préfère inachevée, parce qu’ainsi, elle est un déni.

Toute mon adolescence, j’ai vu mes amis et mes ennemis s’acheminer vers l’âge adulte avec leurs tranquilles certitudes. C’était comme ça, c’était la vie et même si on l’avait voulu, on ne pouvait pas y échapper. Parvenue moi-même au seuil de ce long tunnel, j’ai les ai regardés avec angoisse s’enfiler un à un sur cet étroit sentier qui oscille entre l’accomplissement et la mort. J’ai prié pour trouver mes semblables. Ceux qui refusaient.

J’ai trouvé Mathias, j’ai découvert ma sœur. J’attends toujours l’œuvre d’art.

 

FF XV est arrivé à un moment particulier de ma vie. Je venais de perdre maman, et le jeu s’ouvre sur la perte d’un père. Les expressions agacées de Noctis m’ont catapultée dans ma propre adolescence. La fanfic de Mu, aussi. C’est la raison pour laquelle aucune quête secondaire dans ce jeu ne m’a fait l’effet d’une quête Fedex. Ce sont des prétextes pour continuer à être un enfant. N’ayant aucun sens du sacrifice, je me fiche bien que Noctis prenne la place que LE DESTIN, rien que ça, lui a réservée. Je veux qu’il vive, qu’il sourie, qu’il convulse, qu’il chante, qu’il agonise. Mais pas qu’il suive la voie toute tracée que tous ceux que je connais, ou presque, ont suivi gaiement.

Non, on n’est pas obligé d’être un héros. La plupart des gens n’en sont pas, mais alors pas du tout. Ils croient que c’est héroïque, d’être comme tout le monde. Ils se rengorgent d’avoir su élever leurs gosses, parce que c’est une putain d’épreuve, que cent milliards d’êtres humains ont déjà accomplie. Ils sont tout contents d’être majoritaires, ça les confirme dans leur non-choix.

 

 

Pour moi, le vrai héros n’est pas celui qui finit par embrasser son destin. C’est celui qui refuse. C’est Antigone.
Je ne sais pas si je finirai FF XV un jour. Parce que j’ai pas besoin de ça. Je veux un héros qui bifurque.

 

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Une réponse à “FF XV”

  1. Maloriel dit :

    Je comprends… Mais finis-le !!! Tu peux toujours écrire ta propre fanfic pour le faire bifurquer… Mais j’ai pas de mots pour qualifier la beauté de la fin (surtout la toute, toute dernière scène). Sans compter les super combats épiques.

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