Le Carnet Orange

Carnet de voyage, attrape-rêves, à spirales, bleu, parfois orange, grimoire, autel des sacrifices, feuilles volantes, capturées et aplanies

La parenthèse estivale

Je pense que ça ne se voit pas comme ça, mais j’ai eu envie d’écrire cet article après avoir lu Holiday mornings. Quand je lis Zadig, le temps ralentit. Ça fait un moment que ses Sunday Mornings illuminent mes dimanches, et que je voulais en reproduire la clarté. M’est avis que le résultat est différent, pas parce que je l’ai voulu, mais parce que nos vies n’ont pas grand-chose à voir. Je crois que c’est ce qui me plaît le plus dans ces pèle-mêle : ils font l’effet de ces polaroïds qui capturent des instantanés non calculés. Ces billets traduisent les vies que j’imagine quand je regarde par la fenêtre d’inconnus. J’espère ne pas en trahir l’esprit, mais je dois vous avertir que j’ai commencé la rédaction de ce billet il y a plusieurs semaines, d’où quelques anachronismes.

Intro

Je suis rarement très prolixe, aux mois de juillet et d’août, sans doute parce que le reste de l’année, les mots fourmillent : ceux des livres que l’on déchiffre en classe, ceux que je tourne et assemble dans mes fiches élèves, ceux que j’ai destinés à mes devoirs de M2 et aussi ceux que j’ai lus de mon côté, les cours, les romans et les feuilletons de fanfic.

trilogie l'ange de la nuit
La trilogie de L’ange de la nuit m’a tenue en haleine tout l’été, je suis une fan absolue, vous devez la lire. Voilà. Percutant, comme argument, non ?

Écriture

Cet été cependant, j’ai continué à beaucoup écrire, mon mémoire d’abord, et aussi de la fanfic. J’en ai trois sur le feu : deux dans l’univers de Dragon Age (l’une dans celui de DA2, l’autre dans celui d’Inquisition) et une dans celui de Final Fantasy XV. Celle-ci est toute récente, et je ne pense pas en commencer la publication tout de suite. Je préfère attendre de voir où elle va me mener, parce que je viens tout juste d’entamer le jeu et qu’au contraire des deux autres, je me suis jetée dans la rédaction sur un coup de tête. Je ne sais pas si ce sont les expressions adolescentes de Noctis ou les événements qui signent le début de l’histoire, mais en tout cas, je n’avais pas joué trois heures que je débordais déjà d’émotions, qu’il me fallait coucher sur le papier.

Gaming

J’ai créé un énième personnage d’Inquisition pour accompagner l’écriture de ma fic, et téléchargé je ne sais combien de mods pour DAO et DA2, ce qui fait que j’ai, bien sûr, lancé de nouvelles parties (je les finis rarement, si ça peut vous rassurer. Créer un personnage est quasiment le moment que je préfère dans un RPG :)). D’ailleurs, je viens à l’instant de recevoir un mail de GOG contenant LA promo que j’attendais depuis des lustres, à savoir l’ultimate edition de DAO, celle qui contient tous les add-ons, y compris le Feastday Gifts que je désespérais de retrouver un jour… Je ne vais pas avoir d’autre choix que de l’acheter !

J’ai joué sept heures à FFXV avant de partir en vacances, et quand j’ai repris ma partie avant-hier, j’avais tout oublié du mode de combat et j’ai été prise de mal de mer au bout d’un quart d’heure (en plus tous mes personnages mouraient alors que j’ai réglé le jeu en « facile », la lose.) Du coup je me suis fait une petite pause Civilization VI et j’ai expérimenté pour la première fois une stratégie agressive en jouant avec Alexandre. Bah c’est sacrément cool, en fait !

Zévran
Voilà l’effet que me fait Zévran. C’est clair, maintenant ?

Dragon Age Origins
Excusez-moi mais mon avatar de DAO c’est trop un beau gosse, évidemment que j’ai envie de « jouer » avec…

Noctis
Je me prends pour Jacks dans Sons of Anarchy

FFXV Ardyn et Ravus
Albator et le Clochard Céleste.

Ardyn
Je sais, je suis la seule à trouver Ardyn incroyablement sexy.

Ardyn
Nan mais sans déconner… !!!

FFXV
Oui, j’ai pleuré.

J’imagine que ça peut paraître *un poil* obsessionnel, mais le fait est que ces jeux m’ont été un refuge, dans lequel j’ai pu oublier mes angoisses. Chaque opus de Dragon Age, ainsi que, récemment, FFXV, sont, pour moi, totalement immersifs, pas forcément en termes de gameplay, mais par les histoires qu’ils racontent. Les personnages m’ont profondément touchée, ils ont comblé ma solitude en provoquant une identification très forte, et c’est pour ça que j’y reviens encore et encore : je les aime sincèrement, ils me sont familiers et en plus, ils font office de déversoir. Jouer m’est aussi cathartique que rassurant, en somme.

Montagnes russes

En fait, cette expression n’est pas tout à fait appropriée, car je n’ai pas éprouvé d’émotions contradictoires. En revanche, j’ai traversé de nombreuses soirées très riches, dont je ne saurais dire si elles étaient exaltées ou tristes. Elles étaient les deux à la fois, je crois, et c’est quelque chose qui ressort particulièrement dans les pages que j’ai dédiées à maman. Je lui ai parlé tout l’été, en écoutant Enya la plupart du temps, et ce que je ne lui ai pas adressé, je l’ai déversé dans ma fic sur Noctis. C’est pour ça que j’ai autant joué, et autant écrit, un support nourrissant l’autre, et pas toujours dans le même sens. Muriel m’a fait découvrir très récemment le dernier album d’Enya, Dark sky Island, et j’ai écouté en boucles The Humming et Echoes in rain.

À l’heure actuelle, j’ai beaucoup de mal à décrire comment je me sens. Je crois ne m’être jamais sentie aussi apaisée et contemplative, et pourtant je n’ai jamais autant pleuré que ces derniers mois. Quand j’ai découvert l’album d’Enya, j’ai tenu cinq chansons, un truc comme ça, avant que les écrous ne se desserrèrent tout seuls et que je me mette à sangloter. Mais… Je sais pas. C’est bien. Maman me manque tant que… non, c’est pas ça. Quand je pense à elle, j’éprouve une tristesse immense. Je pense à ce qu’elle a traversé, à son rire, à son aigreur, à sa douleur et à sa bienveillance, et ça me donne l’impression d’être traversée par un maelström : elle me manque, oui, cruellement, mais c’est aussi parce que j’aurais tellement, tellement aimé qu’elle ait une belle vie. Alors oui, j’ai beaucoup pleuré, et je pleurerai encore – et demain je lèverai mon verre à toi, maman, et peut-être que j’irai voir la mer au crépuscule pour vider ma bière dans l’écume, comme quand on t’a – enfin – libérée, il y a à peine un mois.

Mais je me sens aussi, paradoxalement, plus forte, plus mesurée ; ma tristesse ne m’étreint pas de la même façon que les doigts glacés et griffus d’Angoisse. C’est nouveau, que je me sente si en paix avec moi-même. Ce n’est pas que je ne ressente rien, au contraire, c’est que ça ne me dérange pas, je ne m’en sens plus coupable. Je ne me sens plus coupable lorsque je suis ivre, je ne me sens plus coupable lorsque je pleure, ni quand je me trouve moche, ni quand je me trouve belle, que je vais bien et que je vis mes passions sans plus me soucier du lendemain.

Vacances

Mathias et moi sommes, comme d’habitude, partis à l’arrache. Tellement que cette année, nous avons quitté la maison aux alentours de 16h30 et avons passé notre première nuit de vacances à… Locminé, soit à deux heures de route et dans un des patelins les plus moches de France :)

Après quoi, nous avons roulé vers le sud et, comme d’habitude, nos vacances n’ont pas pris le tour prévu (enfin, envisagé vaguement la veille). Nous avons bifurqué vers Noirmoutier parce que j’étais extrêmement frustrée de suivre une route côtière depuis laquelle on ne voyait pas l’océan (alors même que plein de bourgs portaient le nom de Machin sur Mer).

La plage était sublime.

Noirmoutiers

Ensuite, nous sommes allés à Niort parce que c’est bien situé et, nous l’espérions, moins touristique, et contre toute attente, nous y avons passé le reste de nos vacances (soit trois nuits). C’était hyper cool. D’ailleurs, initialement, j’avais prévu de poster un billet uniquement consacré à ce voyage et décidé de l’intituler « Niort, j’adore » :P

Nous avons visité le donjon et le musée de Niort (où l’on n’a pas le droit de boire de l’eau, en plein été, pour le premier, et où le jeune gardien nous a suivis partout et sans aucune subtilité dans le second), l’aquarium de La Rochelle (décevant vu le prix et évidemment blindé de monde à cette saison), Zo’Odyssée (meilleur rapport qualité-prix ever, je recommande vivement), le parc ornithologique du marais poitevin (belle arnaque financière, mais chouette balade). À Niort, un gérant de pizzeria a prétendu faire salle comble alors qu’il lui restait des tables, alors on a mangé sur le pouce, mais en dehors de ce (en tout cas il m’a semblé) très clair délit de sale gueule, j’ai tout aimé de cette ville qui possède un vrai centre piétonnier, de belles maisons, un parc où les gosses jouaient en maillots de bain dans les fontaines, et où les gens conduisent bien (c’est hyper important pour mon bien être, ouais.)

Putain, je sais même plus si c’est la gare de Niort ou celle de La Rochelle…

Septembre

Septembre, c’est la rentrée, mes journées entre aubes et crépuscules, et les week-end trop vite achevés.

La musique découverte au fil de la route, hachurée dans les no man’s lands où la radio ne capte pas.

Les six classes parmi lesquelles Tom, qui possède tous les albums des Cures en vinyle (LOVE).

Le chaton qui pleure depuis quelques heures, pelotonné sur mes chaussures puis sur mes genoux. Mathias a découvert que l’envelopper dans un plaid le rassurait, alors j’en fait un petit sushi posé sur mes cuisses, un petit sushi de 800g qui oublie qu’on l’a arraché à sa maman il y a quelques heures pour le déposer dans une maison inconnue où il erre chaque fois qu’on le laisse seul en poussant des miaulements à fendre l’âme. Je sens que je vais encore passer de longues nuits sur la méridienne, moi :) Tout à l’heure, je l’ai retrouvé ramassé devant la porte, je l’ai pris dans mes bras contre son gré, et maintenant il ronronne, avec ses petites pattes étendues devant lui. Je me demande comment je vais arriver à le laisser sortir de la maison. Les gens sont fous, ils roulent à 50 dans la résidence, et je ne veux pas que mon chat se fasse écraser. Il est trop choupi (même si, encore une fois, je ne sais pas comment je vais réussir à dormir les prochaines nuits).

Chaton qui vient de vivre un infernal trajet de deux heures et s’est réfugié sitôt arrivé entre deux paires de chaussures. (ouais, je sais, mon chat possède une combinaison de camouflage).

Chaton enfin rassuré endormi sur les genoux de sa maîtresse (il s’appelle Kitsune, au fait :))

Quand je le vois comme ça, endormi, confiant, me tapotant de ses petites pattes pendant qu’il rêve, je pense à ce que dit Esther.

« Il faut renoncer à l’espoir d’un meilleur passé »

Tout à l’heure, j’ai, lu THE article. Celui qui résumait tout ce que je n’ai pas su dire la dernière fois, parce que j’avais peur de paraître sentencieuse. Mais Fab’ est arrivé aux mêmes conclusions que moi, et ça m’a fait un bien fou, parce que… eh bien, quelles que soient ces conclusions, j’ai encore et toujours besoin de les entendre répercutées, répétées, échoïsées… J’ai besoin que ce qui m’est positif se répande, parce que je suis encore obligée d’assourdir ce qui me ronge.

J’aime particulièrement le passage où il explique qu’il faut apprendre à dialoguer avec sa peur. C’est pour ça qu’Angoisse.

Angoisse et moi, on est arrivée à un statu quo. Je lui laisse le café, mais je ne l’écoute plus trop. Je l’emmène partout avec moi et en échange, elle se tait.

À l’écran

J’imagine que j’ai assez mal choisi mes programmes télévisuels, parce qu’émotionnellement, ce que j’ai vu n’était pas de tout repos. The Fall, la série avec Gillian Anderson, m’a fait beaucoup réfléchir et m’a aussi souvent heurtée. Elle est dure, elle est frontale, et ça en a fait un grand coup de cœur. J’ai binge-watché les deux premières saisons mais j’ai mis plus de temps à terminer la troisième, plus lente. La fin ne pas déçue, au contraire ! Plus le fait que, Gillian Anderson quoi. 

J’ai aussi commencé à regarder une série qui se déroule en Écosse et qui débute avec le meurtre d’un jeune couple, dont les familles respectives ne peuvent pas se saquer. Le tueur débarque chez eux, et s’y accidente. Ça vous dit quelque chose ? Parce que je n’en trouve plus aucune trace sur mon profil Netflix oO Je n’avais pourtant pas terminé, et ça me plaisait beaucoup !

Septembre, suite et fin

Elle va être difficile, cette année ! Je m’entends bien avec toutes mes classes, mais je fais 22h de présentiel devant les élèves, sur deux établissements. Ça fait deux heures de route par jour. C’est épuisant, et il me reste peu de temps libre pour écrire ou jouer. J’ai déjà hâte aux vacances ! Loin de moi l’idée de me plaindre, d’autant que j’aime mon taf. Mais il est vrai que consacrer toutes mes ressources intellectuelles à mes cours me fait parfois me sentir… exsangue. J’occupe la plupart de mon temps libre à dormir, donc forcément, j’ai un peu l’impression de passer à côté de moi-même.

Au moins cette année, je suis bien mieux organisée que les précédentes, donc je gage que passées les interminables réunions de la rentrée, je parviendrai à retrouver un rythme qui me convienne. Pour l’heure, à 21h15, je songe à aller me coucher, et cette idée me laisse partagée entre le bonheur anticipé de retrouver ma couette et la frustration de ne même pas pouvoir lancer FFXV, à moins de me coucher vers minuit (jouer une heure, c’est totalement insatisfaisant, de mon point de vue.)

À l’aquarium de La Rochelle, on peut voir des boules de suif, comme dans Le voyage de Chihiro !

 

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Une réponse à “La parenthèse estivale”

  1. Esther dit :

    Quelle surprise de voir mon nom apparaître dans un tes articles ! Ton chaton ressemble beaucoup à mon premier chat ; c’était aussi un petit rouquin avec un sacré caractère. Dans mes souvenirs l’Aquarium de La Rochelle était pas mal mais ça fait déjà un sacré bail que j’y suis pas allée.
    J’aime beaucoup ce style d’article et ton blog dégage toujours cette ambiance douce et nostalgique que j’apprécie tant.
    Bon courage pour les interminables réunions de la rentrée et cette nouvelle année !

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