Le Carnet Orange

Les univers parallèles #6

Regarder des gens disparaître.

Les films d’Août

Je me souviens finalement assez mal de Cuckoo et de The Hallow (Le sanctuaire, en VF) alors que je leur avais respectivement attribué deux et un cœur. Sur le moment, Cuckoo m’a vraiment conquise. J’étais très sceptique au départ, parce que la scène d’ouverture laisse présager une histoire de complot scientifique fomenté à l’insu des autorités par des gens très puissants. Pas trop ma came. Je ne m’étais pas trompée, mais ce n’était pas tellement le sujet. Il est surtout question d’une créature dont le hurlement de Banshee interfère avec l’écoulement du temps, et de sororité. L’horreur n’y était pas un oripeau, mais une excroissance, quelque chose qui naissait des personnages et dans laquelle elles se reconnaissaient, bon gré mal gré. La relation des deux soeurs m’a beaucoup touchée, et c’est ça, la raison pour laquelle j’ai été si enthousiaste.

Quant au Sanctuaire, j’ai noté que la bande-son était superbe et l’idée originale, quoiqu’attendue dans son exécution. Il y a quelque chose d’assez organique dans le traitement du folklore (l’histoire tourne autour des Changelings et du rapport des humains à la nature), mais au final, je ne m’en souviens pas du tout, quoique je l’ai apprécié au moment où je l’ai vu.

Monolith m’a laissé un souvenir plus durable. J’ai beaucoup aimé. J’ai toutefois été un peu déçue que tant de questions restent sans réponse, ça m’a semblé un peu facile. Et puis bon, il faut quand même noter que c’est l’histoire d’une « journaliste » qui ne vérifie pas ses sources parce qu’il lui importe davantage de transmettre ses propres certitudes.

J’ai adoré Destination Finale 6, la scène d’ouverture est démente et les scénaristes s’éclatent avec le lore. Bon, il faudrait clairement que je le revoie un peu plus sobre, là j’étais avec Maloriel, on a passé le film à le commenter, donc c’est fragmentaire 😀

Stopmotion par contre, c’est un immense coup de cœur. Je cherchais un film « pas prise de tête mais intelligent ». Ma gentille IA perso me l’a vendu comme « un conte noir » à l’ambiance étrange qui avait tout pour me plaire. Résultat, j’ai fini en PLS et le film « nous » sert désormais d’étalon pour toutes mes requêtes. Mais la tristesse abyssale que j’ai ressentie en le voyant, c’est ce que je cherche dans un film « d’horreur », un film fantastique disons. J’aime que le surnaturel reflète la psyché des personnages.

Le livre

J’ai lu La couleur des sentiments, cadeau aléatoire de belle-maman qui nous a offert des livres à nous échanger. J’ai adoré, je l’ai lu très vite. Je me suis représenté les personnages sans difficulté, je les ai crus. On lit les micro-événements qui font une société avec l’impression d’y être. J’avoue avoir ressenti un malaise, toutefois, à la lecture de ces « témoignages » de femmes noires, écrits par une femme blanche, lorsqu’ils insistaient sur la bonté dont avaient fait preuve certains maîtres. L’insistance de certains à affirmer « ces Noires font partie de notre famille » alors qu’elles cirent leur parquet et s’occupent de leurs gosses. Mais dans l’ensemble, c’est un beau roman.

Hanno Karlhuber – The Geographer

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