Le Carnet Orange

Carnet de voyage, attrape-rêves, à spirales, bleu, parfois orange, grimoire, autel des sacrifices, feuilles volantes, capturées et aplanies

A fine day to exit

Mercredi, j’ai pris ma voiture pour rentrer chez moi après avoir donné une heure de cours aux BTM, comme d’habitude. Il faisait beau, l’air était limpide et pur, et la lumière possédait cette qualité propre à l’hiver, comme si elle était en partie composée de givre.

J’ai pris la N12 en regrettant d’avoir oublié mes lunettes de soleil sur la bibliothèque de l’entrée. En même temps, il pleuvait, quand je suis partie. J’écoutais Cyborg Attack sur mon téléphone, avec un son tout pourri, et je buvais un café acheté à la machine, quarante centimes pour un jus de chaussette alors que je me suis promis d’arrêter – la routine, quoi.

Sauf que cette lumière, elle invite au voyage. L’air paraît si transparent que paradoxalement, on croit y voir flotter… quelque chose. J’ai un peu l’impression que tous les filtres qui nous empêchent de vraiment voir le monde ont disparu et qu’il n’en reste qu’un seul, un ultime voile à soulever…

J’ai tourné le volant sans réfléchir, à la dernière seconde. It was a fine day to exit.

La mer

Quand on sort de Saint-Brieuc en direction de Guingamp, on passe par le viaduc du Gouédic, depuis lequel on a une vue magnifique sur la vallée, et l’embouchure du Gouet. La mer m’appelait…

La mer

Direction Paimpol par la côte du Goëlo. Je n’avais pas l’intention de parcourir les quarante kilomètres (j’ignorais même qu’il y avait quarante kilomètres, n’ayant jamais emprunté cette route). Je voulais juste éviter les Rosaires, triste station balnéaire avec sa plage étroite coincée derrière une barrière et des maisons toujours fermées. Je voulais juste voir la mer.

La mer

Je suis arrivée à Binic. Des petites maisons en pierre, un port de plaisance. La lumière éclatait, juste en périphérie de ma vision… La mer…

La mer

Je me suis garée sur un parking – dead end. La jetée de Penthièvre barrait la vue. Le vent m’apportait l’odeur des embruns. J’avais envie de marcher jusqu’au bout de la jetée, et de continuer, de suivre le sentier qui dansait sur les vagues.

Jetée de Penthièvre à Binic

La mer

J’ai grimpé les marches lisses, suis montée en haut de ce rempart aussi illusoire que poétique.

La mer

La mer

Et je suis restée là, immobile devant l’océan, parfaitement seule.

Vous arrivez à l’entendre ?

 

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8 réponses à “A fine day to exit”

  1. Entdaurog dit :

    De jolis p’tits contrejours ! C’est un joli coin…Si tu pousses plus loin, au nord de Paimpol, il y a le sillon de Talbert, une curiosité géomorphologique et paysagère sympa – mais tu connais peut-être déjà.

    • Nathalie dit :

      Ah non, je ne connais pas ! J’irai peut-être demain…

      “Une curiosité géomorphologique et paysagère”… Moi qui croyais, à voir la tête de mes 4e, que j’utilisais des mots compliqués :P

      • Entdaurog dit :

        Pardon, déformation professionnelle ! La géomorpho, c’est la science qui étudie les formes que prennent les éléments du paysage : montagnes, dunes, par exemple.

        Après, c’est quand même beaucoup moins compliqué que didascalie ou boustrophédon (mais c’est moins joli, on est d’accord), hein ! ;-)

        • Nathalie dit :

          Nan mais en vrai, avec quelques connaissances en étymologie, on le comprend bien, ce mot, “géomorphologique” :P Bon, c’est une science complètement invraisemblable, mais on comprend.

          “Boustrophédon”… J’ai dû chercher :D

          • Entdaurog dit :

            Comment ça, invraisemblable ? (Prendre un ton pédant et hautain) Sachez donc, chère Kalys, hôtesse de ce blog, que la géomorphologie permet notamment de comprendre les phénomènes qui sous-tendent la formation et l’évolution dynamique des systèmes dunaires, et ainsi entraîne l’application auxdits systèmes d’une gestion adaptée permettant le meilleur développement d’une flore variée, souvent rare et très sensible !
            Bon en vrai, on s’en sert peu, de la géomorpho, c’est une science théorique qui permet de “lire” l’histoire d’un paysage – c’est parfois assez aride.

          • Nathalie dit :

            aaaaaaaah, d’accord ;)
            M’enfin c’est bête que ce soit une “science théorique”, du coup. En gros ce que tu me dis, c’est que ça permet de comprendre des phénomènes, mais qu’en fait, on en sait rien ? :D

          • Entdaurog dit :

            Non, ce que je veux dire, c’est que les gens qui gèrent des territoires naturels ont parfois des bases de géomorpho (surtout lorsqu’ils bossent sur des milieux dunaires, parfois des tourbières ou ce genre d’espaces particuliers où par contre c’est plutôt nécessaire), mais que 1) une grande partie des responsables d’espaces naturels n’ont pas vraiment approfondi cette science parce que 2) lorsque tu gères un ensemble de prairies en Bretagne tu te fous de la formation des Alpes, du pourtour méditerranéen et du bassin parisien et je parle pas des caldeiras et autres. D’où le fait que ce soit une science théorique pour beaucoup, appliquée par une toute petite partie des gens.
            Mais je crois que je dévie du sujet originel, là :-) (nom d’un antilabe) !

  2. […] pas si je voulais rentrer me lover sous un plaid et reprendre la lecture de Bifrost, ou partir, comme cette année-là ; mais cette fois la mer se diaprait de pluie, et les blés endormis contre les nuages invitaient […]

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