Le Carnet Orange

Carnet de voyage, attrape-rêves, à spirales, bleu, parfois orange, grimoire, autel des sacrifices, feuilles volantes, capturées et aplanies

Mes lectures en 2019

Je m’étais promis de tenter l’exercice et me suis efforcée de commenter chacune de mes lectures le plus rapidement possible, dans un carnet dédié. Pas parce que je tenais absolument à les partager, mais parce que je voulais m’en souvenir. Je ne sais pas si le résultat sera très lisible, car je ne résumerai pas toujours les œuvres dont je vais parler (je ne suis pas très douée pour ça, et fais rarement mieux que les quatrièmes de couverture.) Toutefois, j’aime bien l’idée de partager mes impressions, pour une raison paradoxale : je lis rarement ce qui m’est recommandé par autrui, si ce ne sont des gens très proches, mais il arrive qu’un blogueur, ou l’écrivain lui-même, m’intrigue et me pousse à lire un roman vers lequel je ne serais jamais allée de moi-même. Ça a été le cas pour un certain nombre de livres que j’ai lus en 2019, peut-être que ça marchera pour vous ?
N.B : mes commentaires BD seront laconiques, je ne me sens pas très légitime à en dire plus car ce médium ne m’est pas familier.

Quelques déceptions

Paul Veyne – Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas

Comme tous les autobiographes, Paul Veyne fait serment de raconter la vérité, et rien que la vérité. Mais est-ce qu’ils mentent, ceux qui pratiquent l’autofiction ? Est-ce qu’ils se souviennent avec précision, ceux qui jurent de ne pas trahir ? Et la vérité de leurs proches sera-t-elle moins “vraie” ? Il me semble que Veyne devrait savoir que ses récriminations n’adouciront pas son parjure. Par ailleurs, j’ai trouvé ce livre souvent bavard, et il part dans tous les sens. Ce n’est pas sa “faute” si Paul Veyne a connu tant de gens célèbres, mais le name dropping, surtout dans les premiers chapitres, m’a un peu agacée. Quant à la chronologie, elle m’a paru impossible à suivre ; je serais presque tentée de dire qu’il n’y en a pas. Je ne sais pas trop quoi retenir de ce bouquin, si ce n’est que son auteur m’est sympathique. Les passages philosophiques, eux, me sont complètement passés au-dessus, faute d’érudition.

Joyce Carol Oates (trad. : Claude Seban) – La fille du fossoyeur

C’est difficile d’écrire à propos d’un roman de 689 pages. J’en ai lu de plus longs, bien sûr, mais peut-êtres étaient-ils moins… confus ? Décousus ? En fait, je n’ai pas l’impression d’avoir connu l’héroïne de ce roman. Voilà. J’ai passé presque 700 pages en sa compagnie, et elle m’est toujours insaisissable.

La fille du fossoyeur était long, trop long. Que m’importent ces détails, si j’ai l’impression que l’héroïne les perçoit à travers une vitre ? Ce n’est pas une intellectuelle, d’accord, mais l’auteure, si, et je m’attends à ce qu’elle mette des mots dans la bouche de ceux qui n’en ont pas. Elle le fait, ponctuellement, avec Zack. Mais ce n’est pas l’histoire de Zack.

Après, c’est beau, vraiment. Une écriture limpide et lumineuse, quoique couturée de phrases averbales et de conditionnels irritants (un choix de traduction ? J’imagine que non…) C’est une fresque, aussi, traversée de fulgurances atroces ou magnifiques. Je recommande cette lecture, ne serait-ce que pour pouvoir en discuter.

Jack Parker – Lettres à l’ado que j’ai été

Ce bouquin avait tout pour me tenter, entre son thème, son anthologiste et quelques Youtubeurs que j’avais bien envie de lire sur la question. Au final, même s’il contient quelques très beaux textes, dont celui de Jack Parker, c’est aussi le résultat d’un copinage bien désobligeant pour nous, lecteurs. Je suis désolée mais non, Adrien Ménielle ne sait pas écrire. Je veux bien le fan-service, mais un minimum de travail éditorial, c’est pas du luxe non plus. Quand tu lis un truc dans lequel même les virgules sont mal placées et que tu te dis que toi, t’aurais fait bien mieux, pardon pour l’aigreur, mais ça te donne l’impression que pour être publié, faut juste avoir des amis dans le milieu.

Ça ne m’empêchera pas de faire lire certains passages à mes élèves de 3e, parce qu’ils me semblent nécessaires et que je suis sûre qu’ils les toucheront !

Elizabeth Vonarburg – Reine de mémoire tome 1

J’ai trouvé ce roman bavard et un peu lénifiant. J’adore l’écriture de Vonarburg, pourtant. Mais là, d’une part, je ne vois pas ce que l’uchronie apporte à l’histoire, qui aurait pu rester pure fantasy, d’autre part, j’ai souvent eu l’impression de lire un manuel d’Histoire, justement, comme si l’auteure devait nous faire part de tout ce qu’elle savait de son univers.

Et je trouve le dernier paragraphe très gênant. Du coup, même si je suis intriguée, je ne suis pas sûre de lire la suite : cinq volumes, à ce rythme, ça me décourage un peu.

Anne Fakhouri – Le clairvoyage tomes 1 & 2

J’ai bien aimé le tome 1, un très beau livre dont j’avais hâte de lire la suite. Il emprunte à Silhol ses mots de sève et sa temporalité floue. En revanche, j’ai été assez agacée par ses effets de manche et ses deus ex machina fort improbables. Le tome 2 a confirmé l’impression que j’avais en filigrane : je n’ai pas aimé l’héroïne de ce roman, une jeune fille égoïste dont je ne saisissais pas les motivations. Tout, dans ce second volume, m’a paru gratuit : les péripéties s’enchaînent sans fil conducteur, on traverse des lieux peuplés de personnages caricaturaux placés là pour faire avancer l’intrigue. J’aurais pu ou dû adorer ce bouquin, mais je suis passée à côté.

(BD) Schuiten et Peeters – Revoir Paris tomes 1 & 2

Je me suis ennuyée parce que le scénario m’a paru accessoire. J’ai vu de beaux dessins et une poésie mélancolique qui tentait de réveiller un Paris hugolien. Mais… c’est tout ! Je ne suis pas bonne critique, encore moins de bande dessinée, donc je ne me sens pas la légitimité d’en dire plus, mais je me suis un peu ennuyée.

“Meh”

Peter V. Brett – Le cycle des démons tome 3

Ce troisième tome du cycle compte plus de 900 pages et j’ai un peu plus peiné que sur les autres pour en venir à bout. Peter V. Brett tient à nous révéler le parcours de chaque protagoniste, ce qui occasionne de nombreux retours en arrière et a pour conséquence de ralentir considérablement l’intrigue. J’étais super contente d’enfin découvrir qui était vraiment Inereva, mais quand ça implique de relire des épisodes qu’on a déjà vécus à travers Jardir, on s’essouffle un peu.

Ceci dit, je crois que ce qui m’a le plus ennuyée, ce sont les passages dédiés à Leesha, un personnage pour qui j’ai développé une vive antipathie. La seule chose qui la caractérise, c’est la conscience aigüe qu’elle a de sa propre valeur.

En revanche, le dernier quart du livre est tout à fait palpitant, et cette fin !…

Sire Cédric – Du feu de l’enfer

Pas franchement convaincue par le thème (des satanistes orgiaques et psychopathes), un peu trop conspirationniste et éculé à mon goût. Manon, l’héroïne, aurait pu être mieux développée… elle se résume à trois choses : son métier (thanatopractrice – évidemment, allais-je dire), un traumatisme d’enfance et sa relation avec son frère. Ça ne suffit pas à comprendre ses plaisirs coupables.

C’est par ailleurs un roman efficace et très bien ficelé, même si Sire C abuse un peu des retours à la ligne. Je n’en fais pas une déception parce que je ne m’attendais pas à plus. Je n’aime pas beaucoup les romans de Sire Cédric et je regrette ses nouvelles, du temps de l’Oxymore, que je trouvais bien plus poétiques.

Franck Thilliez – Le manuscrit inachevé

Le roman n’est pas, pour moi, à la hauteur de ses ambitions. Il martèle un peu trop, pour pas grand-chose. Notamment tout le côté mise en abîme du livre, totalement inutile (l’amnésie de Léane concernant ce roman oublié de son adolescence, qu’elle plagie sans le savoir ?) Pareil, pas vraiment une déception, parce que je n’attends plus grand-chose de Thilliez, qui emprunte les mêmes routes que Jean-Christophe Granger : grand-guignolesques. Le suspense a pris le pas sur la crédibilité, à mon sens.

Plaisir coupable

Aurelisa Mathilde – Bordeline tome 1

C’est l’histoire de Bastien, qui a dix-neuf ans quand le roman commence. Et il est salement abîmé. Il fait n’importe quoi : boit beaucoup trop, couche avec le premier venu, et gerbe son dégoût de lui-même le lendemain. Son frère aîné finit par l’envoyer se reconstruire, du moins l’espère-t-il, dans une ferme en banlieue, dont les proprios ont l’habitude de recevoir et aider ceux qui estiment n’avoir plus rien.

Bon. Autant le dire tout de suite : d’un point de vue littéraire, il n’y a rien, mais absolument rien à se mettre sous la dent dans ce livre. C’est le degré zéro de l’écriture.

En revanche, l’auteure fait preuve d’une belle sensibilité. Elle saisit bien la psychologie de ses personnages et on la sent d’une sincérité totale. J’ai souvent pensé à Bastien, quand je ne lisais pas.

Alors, après ça il y a encore trois tomes, mais ma tendresse pour ce bouquin ne va pas jusqu’à ce que je débourse du fric pour connaître la suite.

Le bouquin a beaucoup plu et je comprends pourquoi. Je vais dire quelque chose d’atroce : c’est un roman pour les gens qui n’ont aucune culture littéraire. J’assume ma pédanterie. Je l’ai aimé parce que je l’ai trouvé incroyablement touchant, mais je me trahirais en lui accordant le moindre crédit d’un point de vue littéraire. Je crois sincèrement qu’on peut être un peu moins premier degré, et que quand on écrit, on doit autre chose que l’honnêteté. Ce dont Aurelisa Mathilde sera peut-être capable un jour, vu sa sensibilité.

Les bouquins que j’ai aimés

Horace McCoy (trad. : Marcel Duhamel) – On achève bien les chevaux

J’ai lu ce roman sur les conseils de Lemon June (je ne l’aurais jamais fait sans elle et elle est capable de me donner envie de lire Zola alors vraiment, merci mademoiselle.) C’était glaçant. Le style, un peu journalistique, rêche, ménage aussi des moments de contemplation. Le parti pris de raconter les événements du point de vue de Robert est particulièrement efficace, car il a beau être une victime, il ne s’en rend absolument pas compte et ne désapprouve pas ce qui se passe (contexte – c’est une histoire vraie ! :  avant la Seconde Guerre Mondiale, aux États-Unis, on pouvait assister à des “marathons de danse”, durant lesquels les participants virevoltaient en couple jusqu’à l’épuisement. Je veux dire : des gens y sont morts. Des gens ont fait valser leur partenaire mort ou tout comme pour gagner le prix.)
Seule Gloria (la partenaire de Robert) souffre et s’insurge, mais elle n’a pas la parole ; ce n’est pas son histoire… Ce procédé – orchestré par un écrivain, un homme, je veux dire – met d’autant mieux en lumière la cruauté et le cynisme de ces marathons, qu’il saisit, lui, le cauchemar qu’est la vie de Gloria en tant que femme.

Damien Leloup – Le parti de la vérité

J’en avais parlé ici.

Christelle Dabos – La passe-miroir tomes 1, 2 & 3

Un peu agacée de prime abord par la personnalité et l’apparence d’Ophélie, l’héroïne, j’ai vite été happée par ce roman. Les décors, les personnages, tout m’a fascinée. J’ai particulièrement aimé que les opinions d’Ophélie reflètent nos propres préjugés de lecteur à son égard. Christelle Dabos, au final, nous parle beaucoup des apparences. Ses personnages ne sont jamais prévisibles. On ne peut pas les décrypter sur la base de ce qu’ils projettent en société, ni même sur ce qu’on croit savoir d’eux, parce qu’ils ne sont pas si stéréotypés qu’ils en ont l’air.

J’avais vraiment hâte de lire la suite. Pourtant, le comique gestuel caricatural du tome 2, ainsi que l’insistance perpétuelle sur la maladresse et, disons-le, le ridicule d’Ophélie m’ont pas mal contrariée dans le tome 2. Mais alors, le tome 3… Je l’ai dévoré en une journée, en m’efforçant de ne pas sauter des lignes.

Claude Merle – Lancelot

C’est une réécriture de la jeunesse de Lancelot, dont j’ai déjà parlé je ne sais plus quand, et que j’aime parce qu’elle permet plusieurs niveaux de lecture : ça reste accessible à des 5e, tout en évoquant l’amour immoral du chevalier pour la reine.

Mona Chollet – Sorcières

J’ai tellement entendu parler de ce livre que j’ai fini par céder : je ne voulais pas réitérer l’erreur commise dans ma jeunesse, quand je boudais Harry Potter parce que tout le monde le lisait :) Grand bien m’en a pris. C’est une lecture aussi vivifiante qu’instructive. Mona Chollet énonce des faits, et se réfère parfois à sa propre expérience, et rien que ça, ça l’éloigne de la sécheresse autoritaire des essais universitaires. Je trouve qu’elle nous pousse plus à vivre qu’à juger. Comme si elle enlevait, une par une, des brindilles derrière lesquelles on se serait dissimulé. Finalement, dans un tout autre genre, il y a un peu de la Volte dans ce bouquin, une espèce de force sous-jacente qui donne envie de respirer à pleins poumons.

Ernest Cline (trad. : Arnaud Regnauld) – Player one

Mathias l’avait acheté à Nooz avant que ne sorte le film, l’avait lu et m’avait surtout parlé de la traduction qui, je le lui accorde, est déroutante. Pas sûre que traduire “easter egg”, dans ce contexte, soit une excellente idée, par exemple.

Si on excepte ces quelques moments d’amusement ou d’incompréhension, j’ai adoré Player one : l’intrigue est palpitante, les personnages super cools et l’univers évidemment jouissif quand on est fan de jeux de rôle. Puis l’auteur propose une vraie réflexion sur le rôle du virtuel dans nos vies, loin de la caricature habituelle. Et ce suspense ! Et ces scènes de baston ! Un pur bonheur.

Valérie Dayre – Le pas des fantômes

Pioché au hasard dans la bibliothèque de jeunesse de Mathias, ce court roman m’a énormément plu. Il met en scène un adolescent venu passer l’été chez un membre éloigné de sa famille, dans un manoir isolé, au milieu de la lande. Un mystère plane sur la demeure, un drame familial, peut-être ? J’ai tout de suite pensé aux romans des sœurs Brontë ou de Daphné du Maurier, pour l’ambiance et les décors, austères et mélancoliques à la fois. L’intrigue aussi, évidemment, convoque les fantômes de Jane Eyre ou de la narratrice de Rebecca. Par ailleurs, j’ai trouvé ce livre extrêmement bien écrit, tout en délicatesse, avec un langage soutenu mais accessible. Je le recommanderai chaudement à mes jeunes lecteurs !

A.-L. Douzet – Les 13 crimes de Théodore Falls

Voilà un bouquin très étrange. C’est l’histoire d’un propriétaire de carrousel qui découvre un soir un curieux annuaire, dans une poubelle. Sitôt rentré chez lui, il l’ouvre, et voici ce qu’il lit : “Dès Novembre tu devras avoir commis 13 crimes”.

Mon édition comporte des ratés : il y a un cahier en double et donc des pages manquantes. J’ai néanmoins dévoré ce curieux roman, hommage aux plumes volubiles de mes chers écrivains du 19e : on y sent un amour des mots, qu’ils soient argotiques ou soutenus, et une passion un peu fiévreuse pour les mécanismes d’horlogerie, la texture du cuivre, de la peau et des pavés, les odeurs de crasse et les parfums capiteux. J’ai eu l’impression de lire un improbable mélange de Poe et de Balzac, avec un soupçon de Stevenson façon Mr Hyde. Un régal.

Claire de Duras – Ourika

C’est l’histoire d’Ourika, une négresse élevée chez de riches blancs. Elle surprend un jour une conversation entre sa mère adoptive et un noble du coin, et comprend qu’elle n’aura jamais droit ni au mariage, ni à rien de ce qui fait qu’une femme de cette époque et de cette société devient quelqu’un. J’ai aimé ce livre pour plusieurs raisons ; “yeah, une écrivaine que je ne connaissais pas, au programme officiel de 3e !!” étant la première.

Ourika raconte la société pré-révolutionnaire du point de vue d’une femme noire, exclue de la société à plus d’un titre. Les gens l’aiment bien, sans pour autant considérer qu’elle puisse occuper un rang quelconque parmi eux. Ce livre apportait un contrepoint à la littérature que je connaissais de cette époque, et je l’ai trouvé d’autant plus intéressant que Claire de Duras ne se fait pas d’illusion sur les gentils nobles pro-révolutionnaires : elle décrit bien leurs reculs, quand ils comprennent – enfin ! – qu’ils figurent sur la liste des personnes à abattre. Elle dépeint le monde des gentils aristos qui se pensent proches du peuple et tombent de haut, et c’est chouette parce qu’elle est de leur côté.

Mark Lawrence – Sœur sainte

J’ai bizarrement peu de souvenirs de Sœur Sainte, comme de ses prédécesseurs, finalement. J’ai déjà  évoqué ici les tendances “hugoliennes” de Lawrence ; reste que Sœur Sainte clôture la trilogie avec brio. J’ai aimé ses personnages jamais univoques, le suspense pourtant dilué, la prédominance féminine, et le fait que la dureté des combats ne nous soit jamais épargnée. Les héros ont beau en être, ils saignent et ils souffrent. De plus, Sœur Sainte, c’est l’avènement d’une personne qui choisit d’être ce qu’elle estime juste, plutôt que de faire ce que la loi ou la tradition lui imposent, et de mon point de vue de lectrice, ça m’a semblé gâché… Ce qui précisément rendait le bouquin intéressant.

(BD) Lupano & Andraéa – Azimut tome 1

Offerte par mon copain Fred qui l’avait adorée, cette BD m’a vraiment plu, parce que tout y est un peu absurde et poétique, comme si Jules Verne avait rencontré Tim Burton. J’achèterai la suite !

(BD) Emil Ferris (trad. : Jean-Charles Khalifa)  – Moi ce que j’aime c’est les monstres

Putain de claque que ce roman graphique qui raconte la vie d’une petite fille (un peu trop) bourrée d’imagination dans un Chicago plein de véritables monstres. C’est assez dur, avec cette double lecture, de ce qu’elle comprend et de ce que nous comprenons, c’est aussi plein de références à l’histoire de l’art qui ne pouvaient que me plaire, et enfin c’est franchement émouvant. J’aimerais rendre hommage à cette œuvre avec plus de bagou, mais ce serait comme si j’essayais de commenter un texte de rap ou une fresque murale : j’ai l’émotion, mais pas le vocabulaire.

L’ovni

Mark Z Danielewski – La maison des feuilles

J’ai toujours pensé que Chuck Palahniuk, dont j’ai tant aimé Journal intime, par exemple, était fou. Maintenant que j’ai lu La maison des feuilles, Palahniuk me paraît plutôt sain d’esprit… Quant à Danielewski, je ne suis pas sûre de rouvrir un jour un de ses bouquins. Pas parce que je n’ai pas aimé celui-ci, mais en comparaison, même les œuvres les plus alambiquées de David Lynch me semblent plus aisément déchiffrables.

Je ne sais pas quoi dire de La maison des feuilles. Je l’ai lu assez rapidement et souvent avec ferveur. Mais l’ivresse s’est délayée au fil des annexes interminables, qui m’ont fait oublier la fin. Ce qui demeure, c’est l’impression que ce roman n’avait ni sujet ni objectif. C’est à la fois le truc le plus génialement dingue que j’aie lu, et une œuvre frustrante, imbitable, dont je me demande si les fans ne le sont pas parce qu’elle les fait se sentir intelligents. C’est donc un roman que je recommanderai aux plus aventureux d’entre vous, en étant véritablement curieuse de vos ressentis, tout en le déconseillant à la plupart des gens, par peur qu’après, ils ne veuillent plus jamais lire un bouquin que je leur aurais conseillé.

Coups de cœur

John Steinbeck – À l’est d’Eden

“Alors l’homme devient source et il est intarissable.”

Ernest Hemingway – Le vieil homme et la mer

Je l’ai lu d’une traite, l’après-midi où j’ai fini À l’est d’Eden. J’ai du mal à en parler parce que je ne savais pas à quoi m’attendre. Mon père l’a adoré, mais mon père a aussi adoré Le père Goriot, Guerre et Paix et La chartreuse de Parme (ce qui me semble très étrange, pour quelqu’un qui n’aime pas spécialement lire.) Mais Le vieil homme et la mer était apaisant, même si tragique, et je crois que je le relirai, parce qu’il était doux-amer, comme la vie l’est souvent, du moins, je trouve.

Alain Damasio – La zone du Dehors

J’ai toujours Capt dans la peau. Je ne pleure jamais en lisant, enfin, sauf avec Lisey, mais quand Capt est descendu de l’hélico, et que Kamio a tracé des mots d’encouragement en contrebas, usant pour ce faire de gens transformés en symboles, j’ai chialé, putain, comme si je n’avais pas été assise dans mon canapé mais debout sur cette putain d’esplanade, tandis que cet imbécile de Slift jetait ses “légions” sur les murs infranchissables du Cube.
Et puisque apparemment mes nouveaux voisins sont aussi cons que les anciens, c’est décidé, je placarderai le logo de la Volte sur mes fenêtres.

 

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