Le Carnet Orange

Carnet de voyage, attrape-rêves, à spirales, bleu, parfois orange, grimoire, autel des sacrifices, feuilles volantes, capturées et aplanies

Octobre – So when is the future ?

Un mois que je dois poster ça, et puis Samuel Paty, et puis reconfinement. J’ai ce privilège immense de pouvoir me permettre le luxe d’une déprime : ne pas cuisiner, ni corriger de copies, juste parce qu’aujourd’hui, j’ai pas envie. C’est pour ça que je veux poster ce billet maintenant, pour me souvenir que même si Angoisse a fait son grand retour, je suis heureuse.

Octobre porte dans sa dernière syllabe les premiers frimas d’automne, et frissonne. La lumière a décru subitement ; une tempête se prépare.

Le Morbihan s’est hérissé au passage d’Alex, mon épaule gauche m’a promis quelques douleurs envenimées et la pluie m’a trempée façon costarmoricaine : le temps de l’écrire, elle n’était déjà plus que bruine.

J’ai pas vu passer Septembre, comme si le seul seuil sur lequel j’espérais m’attarder s’était refermé sur mes talons et m’avait propulsée au milieu d’une cour de lycée, les cheveux dégouttant et l’air hagard. L’équinoxe était le 22, je ne l’ai ni vu venir ni senti passer. Me voilà adossée à l’été sans retour possible.

Alors autant courir, non ? (Muriel m’a filé ça et non, j’ai pas honte :D)

Ça faisait une semaine que je sprintais, dans une vaine tentative de passer entre les gouttes. Et puis, je me suis dit : “c’est pas complètement con, de faire ça ?” Je finirai trempée, de toute façon. L’hiver viendra. Autant marcher sous l’eau qui ruisselle et admettre que je n’y vois rien.

Il n’y a que quand je m’arrête que je réalise que j’ai toujours préféré l’immobilité aux courses effrénées.
Parfois, le soir, je croise les mains dans un simulacre de prière. L’espace de quelques secondes, je me recentre, et maintenant je sais faire ça, je sens la sérénité couler dans mon œsophage et tasser Angoisse tout au fond, lui disant “demain… demain tu verras si ça valait le coup de s’affoler. En attendant, là, on n’est pas demain. Là, on est ce soir, et il est très bien, ce soir. Il est doux et calme… et puis tu sais très bien que ça vaut jamais le coup, en vrai.”

Avec Mathias, on boit de la tisane. Après la bière. C’est comme tout, hein, un soir juste à la tisane c’est chiant et routinier, mais un soir où tu fais descendre l’excitation et retrouves ton point d’ancrage, c’est double bénéfice. Ni temps perdu ni… temps perdu, en fait c’est facile de le perdre dans un sens comme dans l’autre. J’ai pas aimé I’m thinking about ending things, mais j’ai beaucoup aimé cette réflexion comme quoi on avait l’impression de se déplacer dans le temps alors qu’en fait, on se tenait immobiles et le temps nous traversait.

Ça me fait repenser à cet article que j’avais écrit en 2018, dans lequel j’évoquais cette sensation d’être connectée à des gens, des œuvres, très éloignées de moi dans le temps.

Contre toute attente, le temps a souvent été magnifique.

Yann ? C’est quoi, ça, comme fleur ?? :) De nouveaux bourgeons s’ouvrent encore tous les jours !

On a fait cuire à la vapeur un chou fleur violet (c’est vraiment très joli.) À la fin, l’eau était cyan (enfin, perso je la vois verte, mais Mathias affirme que c’est bleu ;))

Et voilà qu’Octobre aussi s’est fait la malle. Je célébrerai Samain avec des bougies et des guirlandes colorées, et puis je me parerai pour l’hiver : je mettrai mes collants violets, des paillettes sur mes yeux et sur mes doigts, et mon nouveau pendentif en croissant de lune. Je ne veux plus lutter avec l’Hiver. Je vais l’épouser. Cette année, je jouerai les princesses vampires et n’aurai de cesse d’égayer les ténèbres.

 

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2 réponses à “Octobre – So when is the future ?”

  1. Eliness dit :

    Ne pas se laisser emporter par les émotions mais les laisser nous traverser, c’est une leçon que j’apprends difficilement cette année mais qui est si bénéfique. Je suis impressionnée par ton apprivoisement d’Angoisse, même si je me doute qu’il peut encore y avoir des combats intérieurs qui font rage, la paix qui émane de tes mots est incroyablement inspirante. Merci beaucoup de partager cela.

    • Nathalie dit :

      Je serais malhonnête si je ne mentionnais pas l’environnement dans lequel je vis désormais, qui m’est une source inépuisable d’apaisement. J’aurais fait le même travail sur moi-même, mais j’habiterais toujours dans un appart’ mal isolé et/ou insalubre, ou tout simplement en ville, je serais sans doute bien plus malheureuse. C’est aussi pour ça que j’essaie de profiter au maximum : je n’ai rien mal acquis, mais ça reste une chance :)

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