J’ai envie d’écouter ce que ces derniers jours ont à me dire. Ce que j’entends, ce que je regarde. Où je vais – où je retourne.
J’ai aimé Les Maudites. J’ai écrit : « C’était très bon. Le nombre de producteurs me rappelle aussi combien il faut de temps, d’ambition, de contacts et que sais-je encore pour que nous spectateurs assistions à un film. Ici, il y avait un scénario, de la lenteur, zéro jumpscare, et des actrices incroyables. »
Je ne m’en souviens pour autant pas, alors que je l’ai vu il y a quinze jours.
Il y a quelques temps, je m’interrogeais sur la profusion et l’impact, et je me demandais ce que je retiendrais de ces dernières années cinématographiques. Je commence à collecter des réponses, mais je n’en retire pas la satisfaction espérée : je me rends compte que les films qui parlent à mon moi adulte sont les mêmes qui me foutaient par terre adulescente. Autrement dit, aucun film ne m’a terrassée depuis, et je ne sais pas si c’est parce que je n’ai pas changé ou si c’est parce que je n’ai rencontré aucune œuvre qui résonne avec ce que je suis aujourd’hui.
26 avril. Je reçois un mail auquel je ne m’attendais absolument pas. Elle ne m’a pas écrit depuis trois ans. Je ne lui en veux pas – c’est un rythme auquel nous sommes habituées, mais je suis surprise parce que je pensais avoir tellement raté mon dernier message, et qu’elle avait tellement changé, je dois l’avouer, que je « nous » croyais finies. Mais elle a cette formule : « J’ai toujours connu que la passion, et vivre une histoire qui s’étire, raisonnable et froide, dans le quotidien, ça a été une découverte pour moi. Peut-être que c’est ça quand on n’aime plus(…) »
J’ai commencé une réponse, et j’ai lancé Les noces rebelles. Je ne parvenais à penser à rien d’autre.
Ce contexte en dit long sur moi, pas sur elle.
Avec le recul, j’ai enfin des mots pour décrire ce qui me blesse à ce point dans ce film que je ne me souviens pas avoir revu même si je possède le DVD, et même s’il m’est arrivé à plusieurs reprises de revoir la scène de la dispute – une sorte d’exorcisme-catharsis, j’imagine.
Le gaslighting, déjà. Comme je le disais, je n’avais pas les mots à l’époque, juste une sensation d’étouffement, juste un alignement et une torsion du cœur, quand il lui dit « tu es folle, April » et qu’il a l’air tellement malheureux, et qu’est-ce que tu fais de ça, de son émotion à lui, à croire qu’on a été conçues pour se préoccuper d’abord de ce que ça leur faisait à eux qu’on les contredise. Ce film me fait toujours aussi mal. Le jeu des acteurs, la justesse des dialogues. Il me fait mal, et c’est, encore et toujours, une ligne directrice.
28 avril. Je continue dans ma série « je revois les films qui m’ont traumatisée » avec Million Dollar Baby, dont, contrairement à Revolutionary Road (Les Noces Rebelles), je n’ai jamais revu une seule scène. Je ne peux pas en parler sans en dévoiler le scénario, seulement te dire qu’autant j’ai été surprise qu’une scène traumatisante de mon point de vue de quinze ans ne le soit pas tant que ça, autant toute la fin de ce film est un cauchemar pour moi. Raison pour laquelle j’ai été très heureuse de le revoir.
Il faut croire que je m’apaise La seule chose qui s’apaise chez moi, c’est la peur. Pas la colère.
Je finis le film le jeudi 30. J’ai encore cassé Skyrim, autant te dire que je suis malheureuse, là tout de suite (c’est dommage, d’être malheureuse un jeudi soir qui marque le début d’un long weekend. Mais bon, je préfère râler que d’enchaîner avec Gran Torino.)
En avril, j’ai lu un livre trois quarts : le tome 1 et presque tout le tome 2 de 1Q84. Je ne sais pas encore trop quoi en dire, j’attends de finir la série. Pour l’instant, les mêmes épiphanies et les mêmes agacements qu’avec les autres Murakami que j’ai lus récemment.
Et sinon, tu savais, la gothitude, le romantico-dark, tout ça, mais est-ce que tu savais que quand j’étais gosse, certaines de mes chansons préférées provenaient d’un disque intitulé « Les plus beaux slows », édité par Le Club Dial ? Ça m’étonnerait. Dessus, il y avait notamment Night in white satin des Moody Blues, et mon dieu maintenant que je découvre leur tronche, c’est limite flippant. Quoi qu’il en soit, cette chanson a été reprise par The Vision Bleak, et même si je ne l’ai absolument pas écoutée en avril, je te la partage. Elle va bien avec mon humeur, elle est évidemment enregistrée sur ma playlist « Midi-goth powa », et ça changera de ce que je te fais écouter d’habitude.
Ce qu’Avril me dit, c’est que je suis entière. C’est pas forcément agréable : j’ai beaucoup de défauts. Mais j’ai plus honte.

Perso j’ai l’impression d’être moins cinéphile qu’avant… c’est un média qui me convient moins. J’ai « la flemme » de regarder des films, souvent. Par contre il y en a qui m’ont beaucoup marquée à l’âge adulte, mais je pense que ce sont surtout des films d’horreur (même si comme tu le sais c’est une définition réductrice).
Et j’avoue aussi être soulagée d’être libérée de mon snobisme de jeunesse et de juste regarder des films qui me mettent en joie sans avoir besoin de justifier de l’intensité ou de la haute qualité du film. La vie c’est aussi ça pour moi, applaudir sur mon canapé quand j’entends Dwayne Johnson proclamer que « à la fin, c’est toujours la rue qui gagne » 😀 (si c’était juste pleurer devant les Noces Rebelles franchement je pense que je serais plus de ce monde :D)
Et quand j’y réfléchis, ce Fast and Furious en particulier dont vient la ref m’a beaucoup marquée à sa façon aussi. Il ne m’a pas bouleversée, mais certainement enthousiasmée et j’en garde un souvenir plein d’affection ! (mais oui tu peux te moquer, toi qui ne comprends pas le charme des magnifiques bolides qui se moquent des lois de la physique)
En fait je me dis que y a plein de façon d’être marquée par une œuvre, c’est plus ou moins intense, mais y en a plein qui ont de l’impact.
C’est vrai, tout ça ! Il y a deux films qui m’ont marquée ces dernières années je pense : le reboot de Jumanji (apparemment, les bagnoles, pas plus que ça, mais Dwayne Johnson, oui :D) et Donjons et Dragons, qui m’a émue, fait rire, bred, tout ce que tu dis, sans prise de tête 🙂
Je ne pense pas être moins cinéphile qu’avant pour ma part, je pense que je me suis surtout lassée de la profusion. Quand on était jeunes, aller au cinéma était un événement remarquable. C’est surtout ça que j’essaie de retrouver. Je regarde beaucoup moins « la télé » qu’avant parce que souvent comme tu dis, j’ai la flemme, mais je crois que c’est parce que regarder un film de deux heures, ça nécessite un état d’esprit particulier. Quand on se déplaçait, c’était ritualisé, ça avait un sens que ça n’a plus.
Nan mais il y en a bien plus que ça, des films. J’exagère.
(oui je réfléchis au sujet depuis tout ce temps :D)
La plongée en arrière soudain, avec le Club Dial 😀
(oui mon commentaire est constructif et du plus haut intérêt)
T’as vu ça ? 😀
Et personne pour commenter la superbe mise à jour de mon site, je suis désappointée 😀
(Si tu visualises pas Zorg quand je dis ça, tu passes à côté d’un truc, mais je trouve pas de vidéo.)
J’ai remarqué, puis j’ai oublié… j’apprécie beaucoup la couleur plus sombre, d’autant qu’elle facilite la lecture 🙂
Je ne visualise pas Zorg ?
Et je viens de regarder Noces rebelles (j’étais passée à côté). Je pleure autant de la fin que de la justesse (et des échos merdiques qui remontent) et si je devais tomber enceinte de nouveau (ce qui est impossible, ne flippe pas), je pense que je me fous en l’air.
– c’est toujours la femme qui meurt et passe pour folle (pas dans cet ordre).
Zorg, c’est le méchant dans Le cinquième élément ;P Il y a une scène mythique (en vf en tout cas) dans laquelle il énonce très calmement (dans mon souvenir) : « je suis très désappointé. Et je n’aime pas être désappointé ».
Il y a des films que je me suis toujours dit que je ne reverrais qu’après moultes précautions, et tu viens d’en citer deux qui confirment mon impression 🙂
Et quant à l’apparence du blog – impatiente, va – personnellement, j’approuve à 100%
Nan mais toi, t’avais pas encore commenté, donc t’avais le droit de ne pas remarquer le nouveau design 😀
Au début j’ai eu peur car mon lien n’amenait plus à ton blog ! mais bon au final, ouf, ça va j’ai retrouvé le chemin. J’aime bien aussi ce bordeaux/noir profond.
Quant aux films, j’ai aussi la flemme et en fait ça me rend un peu triste. Et comme tu dis en commentaire, avant pour voir un film, c’était un rituel, une sortie ou l’attente du passage à la télé. Aujourd’hui, t’as tellement de films sur toutes les plateformes que tu sais plus où donner de la tête…
Et j’ai beaucoup de films à voir qui dépassent largement les 2h et ça me donne encore plus la flemme.
Les noces rebelles, je l’avais vu au ciné, et ça avait été un choc aussi, néanmoins j’aimerais bien le revoir. Par contre, Million Dollar Baby, sans plus mais je crois que je ne suis pas très fan du cinéma de Clint Eastwood, ça ne colle pas avec moi…
Pareil, l’autre jour je voulais voir un film, je ne sais plus lequel, un classique dont je me disais que puisqu’il était dispo, c’était l’occasion. Le truc dure trois heures… J’ai laissé tomber 😀