Le Carnet Orange

Carnet de voyage, attrape-rêves, à spirales, bleu, parfois orange, grimoire, autel des sacrifices, feuilles volantes, capturées et aplanies

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Un joyeux non anniversaire !

Quinze ans de blog, partie 1 : retour vers le futur.

Cette année, cela fait quinze ans que je blogue. Mes archives attestent d’une première entrée le 20 juillet 2001, et comme je ne me souviens pas avoir perdu quoi que ce soit… J’aime bien les anniversaires, c’est l’occasion de s’arrêter pour regarder en arrière, et voir le chemin parcouru. J’ai découvert que j’étais une blogueuse innovante : pendant un temps, j’ai « blogué » sans publier !

Ça peut paraître dingue, et ça l’est, un peu : je m’adressais aux amis qui me lisaient, mais je n’arrivais pas à terminer le site web sur lequel je travaillais. Alors j’archivais, en me disant « Plus tard… »

C’est le 1er août de cette même année, soit dans le second « billet », que je mentionne le projet de site web pour la première fois. J’étais en pleine introspection. J’écrivais pour me dire, littéralement, et cela me posait des problèmes éthiques (il faut dire que j’étais à fond dans mes cours sur l’autobiographie). J’avais conscience de chercher l’approbation, même si je voulais avant tout combler ma solitude.

Il y aurait tellement à dire là-dessus ! Je pense que cette pratique un peu étrange a dû beaucoup influencer la manière dont j’écris et dont je me suis construite. Puisque j’écrivais dans le but de publier, je ne m’adressais pas qu’à moi-même, ce qui a nécessairement entraîné des ajustements : ce que je pouvais dire, et comment. Même si à l’époque je ne filtrais pas grand-chose. Et bien que je n’ai pas rendu ces textes publics tout de suite, j’ai toujours écrit en parallèle dans des journaux intimes et donc privés.

C’est aussi à ce moment que j’ai commencé à bidouiller en html. Mon père m’avait offert la suite Adobe avec Dreamweaver et Fireworks et j’ai passé des jours à essayer de créer mon site web. Je crois me souvenir que mon tout premier s’appelait Les cendres du jour (quand je vous disais que j’étais gothique !) Je regrette un peu cette période parce que, même s’il y a eu des tentatives malheureuses en terme de design, j’étais très ambitieuse. A un moment, j’ai travaillé sur un site en forme de triptyque, rien que ça.
Et si je le regrette, c’est parce que je me rends compte que pour des raisons de temps et par manque de connaissances, j’ai sacrifié des concepts soignés au profit d’un blog beaucoup plus conforme aux standards actuels. Mes blogs de l’époque ne répondaient à aucun besoin de référencement, le code était sûrement sale (vu que produit par Dreamweaver), mais ils possédaient une esthétique très forte, très marquée.

design in nomine nihili

C’est malheureusement la seule version pour laquelle je possède encore une image, et elle est loin d’être aussi intéressante que celle pour laquelle j’avais utilisé un magnifique dessin représentant « Kali » signé d’un bon ami à Muriel. Je regretterai éternellement d’avoir perdu les fichiers de cette version-là.

Il faut dire aussi qu’Internet était très différent à l’époque. C’était le tout début des sites perso – et c’étaient de vrais sites, pas de simples profils en ligne. C’était avant Facebook ! Le réseau social où il fallait être, c’était parano.be (c’était bien plus qu’un réseau social, d’ailleurs. Et il y avait des écrivains de très bon niveau dans la section littérature, j’ai subi leur influence pendant un moment.)

Les titres sous lesquels j’ai publié mes pages par la suite reflètent différentes périodes de ma vie. Il y en a qui vont chez le coiffeur, moi, je refondais mes blogs. En vrai, je ne pense pas qu’il y ait eu un réel recommencement, mais je vois tout de même très bien à quels événements correspondent mes différents dossiers : Errances (2001), Encre (2002), L(o)(a)st Highway (2002 également), Scalpel (toujours en 2002 – le temps passe différemment quand on est jeune :)), In nomine nihili (2002), Paradize (2002-2004).

En 2007, j’ai ouvert Blooböxx sur Blogspot, entérinant la faillite du projet original qui aurait dû être un site tentaculaire écrit à quatre mains. Quelques années plus tard, il y a eu Outside the box : blog parallèle ouvert pour compter nos pérégrinations au Québec. Ce sont les archives de ce dernier blog qui sont à l’origine du Carnet Orange.

Je crois que j’ai finalement créé deux sites sous WordPress quand j’ai commencé ma formation de technicienne-intégratrice chez Buroscope. Bon, je ne suis toujours pas capable de faire du responsive, mais mon code est quand même moins dégueulasse que celui de feu blogspot (un comble pour un service offert par Google !) Mais plus j’y pense, plus j’aimerais reprendre un projet avec l’envergure artistique de ceux d’antan. Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus les moyens techniques pour les réaliser.

Quinze ans de blog, partie 2 : la FAQ.

Tout d’abord, je vous remercie d’avoir joué le jeu ! :) On peut dire que vous m’avez posé des questions… compliquées (n’est-ce pas, Rég’ et Alan ? Je ne suis pas Google moi, je n’ai pas réponse à tout :P)
J’ai essayé de mettre un peu d’ordre, mais ça reste très hétéroclite.

À propos du blog

Deux questions d’Eliness :

Pourquoi un carnet orange, et pas vert ou blanc ?

 
carnet orange

Parce qu’en vrai, j’écris dans un carnet de croquis. J’en ai d’autres, mais je suis très fan du format et de la texture de celui-ci !

 
Après, comme je suis un peu schizophrène…

carnet bleu

Je peux parfaitement décider que le carnet orange est bleu. C’est à cause d’Éluard ;)

 

Quelles sont les choses les plus importantes que t’ont apporté le blog ?

 
Des amis :) Bien sûr, je ne blogue plus du tout comme quand j’avais quinze ans et que je cherchais désespérément l’approbation d’autrui. Mais le fait est qu’à l’époque, les personnes qui me lisaient me soutenaient ou m’engueulaient, en fonction de ce que j’écrivais, et que leur présence à chaque étape de ma vie a été cruciale. Je fais partie de ces gens dont on se demande comment nous aurions survécu à l’adolescence sans Internet !
Aujourd’hui, mon blog me permet de rester en contact avec ceux qui sont loin et d’échanger avec des personnes que je n’aurais jamais rencontrées autrement. En plus, je m’exprime bien plus facilement à l’écrit qu’à l’oral, ce qui fait que mes proches m’ont souvent dit avoir appris des choses sur moi dont ils ne se seraient jamais douté.

J’aime aussi le fait que tenir un blog m’oblige à un effort intellectuel régulier. Quand je découvre un livre ou un film et que j’ai très envie de le partager parce qu’il m’a plu, je ne peux pas me contenter de dire « j’ai adoré », je dois l’analyser un tant soit peu – même si j’avoue ne pas le faire systématiquement. Le blog, dans son écriture et dans les échanges qu’il suscite, me permet de réfléchir à mes propres présupposés et opinions, je trouve cela très enrichissant !

À propos de… trucs variés !

Est-ce toi qui a ramassé un certain bouquet de fleurs des champs ? (Reg’)

 
J’avoue que non. Enfin, j’ai fait ma cueillette sur Google Images, et j’ai sélectionné ma préférée avec soin et amour.
 

Quelle est ta bière préférée ? (Gradlon)

 
J’aime particulièrement la Dremmwell, qu’Alan et Rég’ m’ont fait découvrir il y a un an ou deux. Surtout la rousse (mais je me dis souvent que c’est pour des raisons esthétiques que la bière rousse est ma préférée. J’adore cette couleur.)

Après, je ne suis pas vraiment fine bouche en ce qui concerne la bière. Je préfère qu’elle ne soit pas trop alcoolisée et les brunes sont celles que j’aime le moins.
 

Quel est ton alcool de prédilection ?(Eliness)

 
Le champagne – le simple mousseux fait très bien l’affaire :) J’aime le bruit que font les bulles dans une flûte et j’ai l’impression que l’aspect pétillant se retrouve dans l’ivresse procurée : c’est léger, inconséquent et je suis toujours très joyeuse quand j’en bois.

Cela dit, dans un tout autre genre, j’adore le bourbon, le seul alcool que je ne boive jamais en quantité déraisonnable (c’est-à-dire que j’en savoure un verre et puis c’est tout). Il représente l’inverse du champagne en fait : il incite à la lenteur et à la contemplation.
 

Est-ce que tu me le dirais si on faisait partie des parents chiants qui n’assument pas ? (Reg’)

 
Je n’en suis pas sûre parce que ce n’est pas évident de dire ce genre de choses à des gens qu’on aime et qu’on n’a pas envie de perdre sur un malentendu.

MAIS ce n’est pas le cas. Vous avez je crois toujours voulu avoir vos enfants et vous avez l’air très heureux avec ! Vous les entourez d’amour et vous avez l’air de trouver cool de passer du temps avec eux… Puis vous ne m’avez jamais expliqué combien ça vous faisait chier de leur lire des histoires et surtout, vous ne m’avez jamais dit que je ne pouvais pas comprendre.

Le point de départ de mon billet, c’était vraiment l’article de Slate auquel je fais référence, et j’ai effectivement été excédée par la maman blogueuse qui se prenait pour une sainte. La troisième référence, au moment où je parle des trois journées vécues en 24h et des regards pourtant satisfaits qui vont avec, me vient d’une collègue dont le discours m’a d’autant plus interpellée qu’elle travaille à mi-temps. A mi-temps, pour un prof, ça veut dire entre neuf et quinze heures par semaine, à peu près !
 

Quel est l’art dans lequel tu aimerais exceller et que tu regrettes ne pas pratiquer ? (Eliness)

 
Il y en a deux en fait : le dessin et la musique. Le premier parce qu’il possède une immédiateté que je lui envie. Un mot pris isolément n’a d’autre sens que sa définition, il ne montre pas le sens plus personnel qu’on lui assigne ; tandis qu’un long texte demande de s’y perdre pour en saisir les significations. Le dessin symbolise et synthétise, il impacte ce qu’il y a de plus primitif en nous.

Quant à la musique, elle est source d’une énergie incroyable, qu’est-ce que j’aurais aimé être capable de chanter ou de hurler ce que je ressens ! C’est aussi très primitif.
 

Tu penses quoi du dernier opéra de Mozart ? (Gradlon)

 
Je suis très impressionnée car il est vraiment allé là où on ne l’attendait pas. J’ai vu Amadeus, et je pensais que Mozart était un personnage assez tragique, quoi qu’il aimât aussi les mélodies légères et gracieuses. Puis, grâce à toi, j’ai découvert ça :

(J’ai quand même pris soin de me déconnecter de mon compte YouTube avant de chercher, j’ai mes limites)

 
« Je veux graver toutes mes luxures / Sur tes dorures / Te tatouer sur mesure »

J’ai découvert qu’en plus d’être un grand compositeur, Mozart était aussi un parolier de génie. Mais je suis d’accord avec toi, je suis un peu déçue par le format du morceau, clairement calibré pour la radio.

À propos du boulot

En tant qu’enseignante, y a-t-il des points de l’Éducation Nationale qui devraient selon toi être soulignés, soit pour qu’ils soient changés soit pour qu’ils soient reconnus? (F)

 
Quelque chose qui devrait être changé… Je dirais l’évaluation du travail des profs. Les inspections ne sont pas assez régulières et trop courtes. Voir tout ton travail jugé sur une heure de cours tous les cinq ans, même si l’inspecteur regarde aussi tes classeurs et l’organisation des cahiers de tes élèves, je trouve ça un peu léger.
Ah, et je trouve scandaleuse l’inamovibilité des profs, aussi (comme de tous les fonctionnaires). Ça incite à la paresse et dans les cas où le prof est accusé d’une faute grave, il me semble qu’il devrait y avoir d’autres conséquences qu’une mutation.

Enfin, je pense qu’il faudrait revoir les modalités de recrutement, parce que quand je vois des suppléants à quinze ans d’ancienneté mais qui échouent à obtenir le capes, je m’interroge : s’ils sont si mauvais, comment se fait-il que les directeurs d’établissement continuent de les employer (certains suppléants « anciens » appréciés de leur hiérarchie passent des années dans le même bahut) ?

Moui, beaucoup de points négatifs… Mais j’en ai un positif :

Une collègue de français cette année me faisait remarquer que les programmes des gouvernements de gauche sont ambitieux. Leur formulation et leur mise en pratiques tombent d’après moi complètement à plat, mais ma collègue n’a pas tort : il y a une vraie volonté d’envisager l’être humain dans son ensemble. Je pense que cela devrait être souligné.

Les questions existentielles

La vie, l’univers, le reste (Reg’)

 
Je suis très flattée que tu me poses la question, mais… Suis-je vraiment la mieux placée pour y répondre ? :)

Je suis athée, ce qui fait que je suis souvent terrifiée par la vacuité de l’univers et le non-sens qu’il revêt pour moi. Cela contribue aussi à ma peur de la mort. Ce qui ne m’empêche pas, même si ça semble paradoxal, d’être une grande mystique : toutes les spiritualités m’intéressent, en ce qu’elles décrivent et symbolisent le monde. Je m’intéresse également beaucoup aux découvertes scientifiques (notamment en neurologie) et au surnaturel parce qu’ils prouvent qu’il nous reste tant à connaître ! Je suis ravie de savoir que le monde demeure mystérieux, parce que cela me permet de douter de mes certitudes et que cela me donne de l’espoir.

Je pense aussi que c’est parce que ni la vie ni l’univers n’ont de sens qu’ils sont si beaux et si précieux. De tels concours de circonstances sont si hasardeux que je n’ai pas peur d’employer le mot « miracle », quand bien même il n’a pas de signification religieuse pour moi.

En fait, même si c’est très angoissant, c’est aussi très libérateur, parce que je peux donner aux choses le sens dont j’ai envie. C’est pour ça que je suis si férue de signes et de symboles ! L’univers n’est rien d’autre que ce que j’en perçois…
 

Pourquoi les gens sont-ils si méchants ? (Alan)

 
Parce qu’ils n’ont aucune conscience de « la vie, l’univers et le reste ». Prenons mes voisins. Après avoir balancé du RoundUp sur MA pelouse, terriblement désemparés par mon obstination à ne pas la tondre, ils ont envoyé un courrier à la mairie. Qui en a envoyé un au proprio. Qui a débarqué tout embêté, en précisant qu’il n’y avait pas de règlement de lotissement, mais qu’il ne voulait pas avoir d’ennui.

Alors que si mes voisins avaient eu conscience du fait qu’un jour ils allaient mourir, je pense qu’ils auraient pris un peu de recul (je sais que Régina a des sueurs froides avec la pelouse de vos voisins, alors je suis gentille :P) et compris qu’il y avait plus grave, dans la vie.

Cette histoire m’a fait penser à ce super épisode d’X-Files, « Bienvenue en Arcadie » :D

À propos du futur

Quand est-ce que vous repartez vivre à l’autre bout du monde ? (Gradlon)

 
Probablement jamais. Si, si, je t’assure :) Rien n’est immuable, bien sûr, mais à présent que Mathias a repris l’affaire familiale, nous sommes tout de même un peu « coincés » à Guingamp. Et crois-moi, la décision a été très difficile à prendre !

S’il avait choisi de rester salarié malgré la précarité que ça aurait impliqué (précarité souhaitée, si nous avions envisagé de bouger), nous aurions pu je pense nous installer dans les DOM-TOM (oui je sais ça ne s’appelle plus comme ça – enfin, je crois). J’imagine que j’aurais pu trouver du taf de la même manière qu’aujourd’hui.

Mais c’était tout de même assez pénible de devoir squatter chez nos parents à chaque retour de voyage, parce que nous n’avions pas d’appartement à nous et que c’est toujours long de trouver une location. Et puis que veux-tu, on s’embourgeoise, et comme plus on vieillit moins on aime les gens, on a bien envie d’un chez-nous isolé du reste du monde :D

Le mot de la fin

Quel est ton mot préféré ? (Eliness)

 
Pfiou, en voilà une question compliquée ! J’aime tout particulièrement les mots qui ont une valeur symbolique forte, alors même si ce n’est pas celui dont je préfère la sonorité, je dirais « seuil ».

*

Wahou… Ce billet est… long. Je me fais l’effet d’une totale narcissique, je suis désolée de vous avoir infligé ça ! Encore merci pour vos questions et, promis, j’attends un peu avant de poster à nouveau !


J’ai publié en retard à cause de Muriel, dont la fan-fiction sur l’univers de Dragon Age m’a totalement happée et m’a donné envie de me remettre à jouer à Origins… Ce que j’ai fait ces trois derniers jours. C’est donc à elle qu’il faut se plaindre, d’autant qu’elle est très fière d’être « responsable du vice d’autrui », je la cite :P

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Aux côtés (entre autres !) de Léo Lallot et Anthony Boulanger dans De la corne du Kirin aux ailes du Fengchuang.

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