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Relire un classique – Stephen King, Histoire de Lisey

Histoire de Lisey n’est pas un classique, pas au sens propre du terme. J’allais dire que c’en était un pour moi, mais je serais bien en peine de le décortiquer façon universitaire et je ne le ferai jamais. Parce qu’Histoire de Lisey, c’est probablement, au final, le seul livre que j’emporterais si je devais me séparer de tous les autres. En fait, et même si je le relis maintenant et le relirai encore, ce livre, je le porte en moi. Même si les détails s’estompent. Même s’ils s’obstinent à retourner dans l’ombre après chaque lecture et que leur ressurgissement me fera chaque fois l’effet d’un rêve familier. Je ne sais ce qu’en lui je vois de moi, ni ce qui en moi a été transformé par lui. Pas exactement. La rencontre est si totale, si profonde, que démêler ce qui appartient au livre de ce qui vient de moi est impossible – et sans intérêt.

Je n’ai pas souvenir qu’aucune œuvre, qu’elle soit musicale ou écrite, m’ait jamais si complètement touchée.

Histoire de Lisey

La première fois que je l’ai lu, c’était en 2009. Je l’avais emprunté à la bibliothèque et c’est seulement aujourd’hui, sept ans plus tard, que je l’ai finalement acheté. Une partie de moi n’avait pas besoin de le posséder. Il était enroulé comme du lierre autour de mes os. Ses mots étaient ancrés dans ma chair, là, dans cette caverne sombre où trône la Reine Blanche. Mais il fallait le relire pour réaliser ce que ça signifiait. Le relire et être complètement happée. Éprouver ce léger vertige que tu ressens quand tu tournes les pages d’un livre pendant des heures sans te rendre compte que ce que tu fais, c’est lire des lignes de mots, parce que ça a beau transiter par l’œil, c’est à l’intérieur que ça se passe. C’est un truc de fou. Et pourtant, alors que je redécouvrais cette intrigue qui m’avait passionnée, je voyais aussi affleurer des choses beaucoup plus indicibles, quelque chose qui tiendrait plus du symbole, vous savez, cette espèce de constellation intime qui habille les émotions les plus abstraites.

Ce livre, je le chéris pour ça, pour ces choses qu’il déverrouille, ces choses qui n’ont pas de nom et à peine une forme, du moins un déguisement. Lisey n’est pas du tout moi, mais elle est en moi, et quelque part, c’est beaucoup plus fort que de simplement trouver un écho à soi dans le texte d’un autre.


A l’époque, j’avais chroniqué le livre pour Psychovision.

Mais vous devriez absolument, surtout, lire ce que Muriel en a écrit. Où je m’aperçois qu’être sœurs, c’est, dans certains cas, partager une incroyablement étroite communauté d’esprit. Et ça aussi, c’est un truc de fou.

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Aux côtés (entre autres !) de Léo Lallot et Anthony Boulanger dans De la corne du Kirin aux ailes du Fengchuang.

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