Le Carnet Orange

安心

Et soudain, la paix.

Mon brouillon en cours s’intitulait « Verrouillée ». Il a suffi d’une après-midi ensoleillée, la première depuis… des semaines. Je n’ai pas résisté, n’ai pas envisagé de le faire. La météo annonce une énième dépression pour lundi. Je suis rentrée chez moi, j’ai ouvert toutes les fenêtres, enfilé mes lunettes de soleil, et suis descendue à la rivière.

C’est avec un enthousiasme renouvelé que j’ai ensuite préparé le cours que je proposerai mardi aux cinquièmes. Ainsi, tout est prêt pour les deux premiers jours de la semaine prochaine, et je vais pouvoir profiter du weekend pour n’absolument rien faire.

Nous avons pris l’apéro dehors. Alors que je faisais remarquer que le seul défaut de la maison, d’après moi, c’était cet espace entre la terrasse et le jardin, Ubik m’a expliqué qu’il était parfaitement voulu : s’inspirant de la tradition japonaise, il voulait préserver cette limite intangible entre le chaos extérieur et le territoire intérieur que représente la maison, comme un îlot relié aux éléments mais qui constitue pourtant un abri. La coursive devient seuil. Je ne sais pas pourquoi, ça me rappelle Carlos Castañeda cherchant une nuit durant la place qui doit être la sienne dans la maison de Don Juan. La mienne est quelque part sur cette terrasse.

Nous avons dîné léger et végé, puis j’ai eu droit à un massage agrémenté d’huile à l’arnica qui m’a donné l’impression de me fondre dans le matelas, tant jusque-là j’avais mal au dos. La suite est censurée, puis c’est la meilleure douche que j’ai prise depuis des semaines. Genre j’avais oublié ce que ça faisait, d’être détendue. Genre je ne pensais plus À RIEN.

La seule chose qui manque à mon bonheur, c’est ça :

Cette bestiole me manque de ouf.

Je sais pas comment c’est chez toi, mais ici, il pleut depuis novembre. Et c’est très, très long. Au boulot on fait tous plus ou moins bonne figure, et pour une fois je suis entourée de collègues qui se savent privilégiés, mais je suis prête à parier que ce soir, les gosses n’ont pas fait leurs devoirs, leurs parents n’ont pas corrigé de copies, et on a tous, enfin, mis le nez dehors.

Commentaires

  1. Maloriel dit :

    C’est « anshin », le mot que tu as écrit 🙂 Sinon tu aurais pu dire 平和 , heiwa, la paix dans le sens d’harmonie 🙂
    Oui même moi je suis allée à la Glycine pour la première fois depuis des années, par contre j’ai dîné de saucisson et de bière 😀 Mais c’était super !

    1. Kalys dit :

      C’est « anshin », le mot que tu as écrit 🙂

      Tout à fait 😉
      Oui, peut-être que ce n’était pas le meilleur choix. Dans les traductions revenaient souvent le mot « apaisement » ou « soulagement », ça me parlait bien !

      Ahaha, un dîner saucisson bière pour fêter les premières chaleurs, c’est un concept, que je valide évidemment 😀
      (j’ai trouvé la Glycine très sympa quand j’y suis allée avec Lou, ça faisait très longtemps que je n’y avais pas mis les pieds !)

  2. zofia dit :

    Ça fait du bien, ce vert avec ce soleil 🙂
    Tu as bien fait de profiter ! Je te souhaite un très bon week-end à ne rien faire donc ! ^^

    1. Kalys dit :

      Merci beaucoup, un très bon weekend à toi aussi !

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