Apprécier
C’est pas mal, non, comme mantra pour 2026 ?
Samedi 3 janvier, 18h10.
Au fil des dernières années, j’ai
– ajusté,
– consolidé,
– accepté.
Ça me semble un ordre bizarre, maintenant que j’y pense, mais qu’importe. Je crois que je suis prête.
Je vais opter pour « apprécier », plutôt que goûter, savourer ou aimer, parce que « goûter » possède un double sens, « savourer » fait trop slow life bobo, et « aimer » est trop vaste, imprécis, et un brin injonctif.
Dans « apprécier », je discerne l’idée d’instant présent, comme dans « savourer » mais sans impliquer que ledit instant présent soit forcément heureux et confortable. Dans la continuité d’accepter, apprécier c’est faire la paix, avec le monde et avec les voix.
J’ai l’intention de ne plus me faire de mal, de déposer les masques (déjà bien abîmés, de toute manière) et de jouir d’être au monde à ma façon.
Mais apprécier, c’est aussi cesser de fuir. C’est retrouver le plaisir d’être seule avec moi-même et avec les circonstances, qu’il s’agisse de choses à faire ou d’émotions.
Concrètement, ça veut dire ne plus passer mes weekends dans Civi ni mes soirées à picoler (même si, pour Civi, il y a quelque chose à creuser : j’y joue parce que ça m’apaise et me satisfait de créer une ville idéale et bien organisée.)
Lundi 12 janvier, 21h32.
Bon, j’ « apprécie » toujours. Je ne m’agrippe à rien, je ne cherche pas à remonter le courant. Je me laisse porter.
Mais, ce faisant, j’ai un peu l’impression de me noyer. Le temps m’est devenu une notion infiniment vague. Je ne souffre pas, mais est-ce que je suis réellement là ?
Même ici [dans mon carnet papier], j’écris des choses étranges. « Faudre » pour « fraude », « me planter dans le miroir ». Je suis fatiguée, décalée, et j’ai du mal à me concentrer. Mes rêves, mes pensées au réveil, n’ont aucun sens.
Peut-être que ça s’apprend, de se laisser porter sans se perdre dans la contemplation. Peut-être que je me suis embarquée dans un voyage initiatique, ou que je vis dans un roman de Murakami.