« Si tu regardes ton nombril…
et que ton nombril est intéressant, alors tu atteindras l’universel.”
(Citation de Henry Miller, je devrais la mettre en exergue de chacune des pages que j’écris :D)
J’ai dit à Ubik : je fais cette démarche pour savoir si je me regarde trop le nombril ou si j’ai vraiment une raison de trouver ça difficile. Il m’a répondu : c’est précisément la chose la plus nombriliste que tu aies jamais faite.
J’ai été un poil déstabilisée. Il comprend très bien, je le lui ai dit tout à l’heure : la différence entre toi et moi, c’est l’assise égotique. Tu as confiance en toi. Tu as confiance en moi.
Mais tu crois que t’auras plus confiance en toi avec un diagnostic ? Tu croiras l’avoir volé…
Putain mais ce mec c’est ma conscience incarnée, en fait. J’ai épousé la Voix Agaçante, tu sais, celle qui a toujours raison.
Mais, c’est un truc que j’ai remarqué, ça m’aide pas particulièrement, les voix de la raison. Ce que j’aime, moi, c’est être confortée. Trop de temps passé à apprivoiser les masques qu’il fallait porter, maintenant ils sont collés à ma peau. Je suis obligée de trouver une raison légitime à m’être infligé ça, parce que si je l’avais pas fait je serais roulée en boule dans un coin, donc tu comprends aujourd’hui je veux que mes efforts se sachent. Mais vous allez bien, me dit la psy du CRA. Mais oui, je vais putain de bien, tu l’entends le rire du Jocker ou pas ? Je veux. Juste. Qu’ON entende. Ce que ça m’a coûté.
Je veux savoir si c’est normal que ça m’ait fait aussi mal.
C’est tout.
Ce qui est très, très agaçant, c’est qu’en l’occurrence Ubik et ma sœur me disent la même chose : que je n’ai besoin de la validation de personne. Je t’ai déjà dit que du haut de mes quarante et un ans, je ne me souvenais que du paternel et des profs de sport ? Et que ça m’arrangeait bien parce que ça m’évitait de lâcher prise ? (je sais pas faire) (l’avantage de la colère c’est qu’elle est crispation : la crispation est contrôle. « Contrôler » c’est se faire croire qu’on est légitime.)
J’ai réglé le problème avec ma conscience cet après-midi : ce sera la première chose vraiment narcissique que je ferai de ma vie. Après tout, chaque fois que j’ai demandé si je me préoccupais trop de moi-même, on (les gens que j’aime et/ou en qui j’ai confiance) m’a répondu : ben non. T’es tout le temps en train de te remettre en question (j’ai initialement écrit : « t’es tout le temps en train de te répondre en question ». C’est valable aussi j’imagine.)
7 commentaires
Il y a une chose que j’ai vue chez tout le monde, homme et femme confondus : le diagnostic change tout. On peut se bercer de « je n’ai besoin de la validation de personne » ou encore de « de toute façon je le sais, je n’ai pas besoin qu’on me le dise » : c’est un leurre. Même en sachant qu’on est concerné (donc convaincu de l’être), le diagnostic tombe et on se prend une claque. C’est une reconnaissance officielle, médicale et sociétale, de ce par quoi on est passé, par quoi on passe, et passera encore.
Et les femmes sont les moins diagnostiquées parce qu’elles apprennent à bien le cacher (ce qui leur coûte énormément).
Chercher à comprendre, ce n’est pas être narcissique. C’est avancer sur soi.
Y’a plus qu’à prier pour que je ne me sois pas lancée là-dedans en vain. Pas que je tienne à être quoi que ce soit, mais… Tu vois.
Je sais <3
Tu m’aides à formuler une pensée qui me traine depuis quelques temps sans que j’arrive jusqu’ici à mettre le doigt dessus : Être vue (par un pair, par un bouquin, par un diag, …) c’est toujours un risque, mais c’est aussi s’autoriser à se reconnaître soi. Bravo pour ton courage, et quoique soit l’issue de tes démarches, je te souhaite qu’elles t’apporteront sinon des réponses, au moins des lumières intérieures (post-digestion, ça va de soi <3).
« C’est toujours un risque mais c’est aussi s’autoriser à se reconnaître. » Exactement. Merci ♥
Je tiens quand même à préciser que je n’ai jamais dit que le diagnostic ne servait à rien, pour moi ça te concerne et j’ai pas à intervenir là-dessus, tu fais ce que tu penses le mieux. Et je pense que tu sais que personnellement, je ne vois pas le problème à écrire sur soi, à faire des trucs pour soi, à s’intéresser à sa propre personne :D (du moment qu’on ne fait pas que ça évidemment, mais en soi c’est ni bien ni mal, et ça me paraît même plutôt naturel et sain parce que c’est important de se connaître soi-même)
Je sais bien ;) J’ai bien écrit que je n’avais besoin de la validation de personne, et en cela vous avez tout à fait raison.
Pour le reste, je suis de plus en plus d’accord avec toi. Enfin, je l’ai toujours été, mais je commence vraiment à l’appréhender et à trouver ça acceptable pour moi aussi :D