Un peu d’humilité, que diable
Bon. S’il ne s’agit pas d’un affrontement entre le monde et moi, alors…
Alors c’est que c’est moi contre Angoisse. J’espère que tu voudras bien pardonner ma tendance outrancière à la métaphore, mais ça veut clairement dire moi contre moi, en fait.
Est-ce que ça change quelque chose ? Je saute à la conclusion, en écrivant cette question, même si je me la pose sincèrement – pensée et écriture dans le même mouvement, excuse-moi.
Si ça avait été ce que « j’espérais » (mais je n’y croyais pas/plus, ça a aidé au décantage), qu’aurais-je décidé ?
J’aurais pris la mesure du décalage et j’en aurais tiré les enseignements qui s’imposent : je me serais coulée dans une réalité qui me permettait de respirer (c’est pour ça que je la trouvais « facile »). En l’occurrence, eh bien… C’est pareil.
Angoisse est là, elle m’est si familière que l’avoir vue s’estomper avec la médication m’a fait souvent me poser la question de savoir si j’étais encore tout à fait moi. C’est un treillis de lierre qui me maintient debout. Je veux bien y pratiquer quelques éclaircies, histoire de pouvoir marcher ; j’ai toujours envie de trouver une solution pour ce faire qui n’implique pas de traitement, même si je désespère un peu de ce côté-là.
Mais non, je ne vais pas aller charcuter mes souvenirs, tailler dans les traumatismes, ni remuer la boue. Je vais faire ce que j’aurais fait si ça avait été « ça ». Je vais vivre avec. Je vais assumer d’être cassée, sans me sentir le besoin de le faire savoir à tout le monde, de brandir un drapeau qui m’évite de devoir m’expliquer – je ne m’expliquerai pas pour autant. Dans même pas six mois, j’aurais quarante-deux ans… Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre !